Le premier salon de la mort s’est tenu au Carrousel du Louvre ces 8-9-10 avril. Une bonne radio du matin l’avait annoncé avec quelques commentaires dont l’ironie marque toujours un certain recul par rapport à cette « chose-là ». Et cela est parfaitement compréhensible, pour des raisons bien compréhensibles.
J’y fus, quoi qu’il en soit, non stimulé par ce bulletin radiophonique, mais par intérêt littéraire. Je n’y étais point seul en ce cas. Une maison d’édition bien connue y avait installé une librairie spécialisée. Mais plus proche de notre regard, des écrivains du GREC – le Groupement des Écrivains Conseils – y tenait un stand.
Ces personnages méconnus, mal démarqués de l’expression « écrivain public » jouent en effet un rôle de passeur de mémoires (vers les administrations) mais également de mémoire, au sens plus large du terme, pour tous ceux – ils sont nombreux – qui souhaitent laisser, une trace écrite (une empreinte, comme me précisait une aimable correspondante du stand) pour leurs descendants.
Mais de l’envie d’un écrit à l’envie d’écrire, il y a un pas, et un plus grand encore vers la bonne écriture. C’est ici que les écrivains conseils jouent leur rôle, interviennent, et se font passeurs discrets.
Il nous arrive d’oublier que la transmission écrite n’est pas réservée aux grands hommes, aux vedettes du moment, aux cramoisis des feux de l’actualité. Il est des vies de douce cendre dont la chaleur peut encore se répandre. Leurs humbles trésors, il suffit qu’un artisan habile les sertisse, pour que nous en découvrions le prix.
Autant dire que Lettropolis partage cette nécessaire investigation de notre patrimoine culturel et mémoriel (nous l’avons déjà prouvé et nous le prouverons encore).
Je préfère m’en tenir à ce regard littéraire, plutôt qu’à une visite touristique. J’ai bien sûr fureté autour de différents stands, apprécié les nécessités légales multiples (l’administration et les impôts tiennent tellement à nous !), réservé mon avis sur certaines curiosités, et noté avec étonnement qu’aucune marque de quelque religion que ce fût ne s’y trouvât représentée. Probablement, est-ce encore une pensée incorrecte.
Mais pour revenir sur nos écrivains conseils, vous les connaissez, sans le savoir, sans les voir, « nègres » qu’ils sont et restent, derrière bien des célébrités d’écrits vains et « d’écrivaines ». Oui, je suis sûr que vous avez lu des politiques aux talents littéraires brutalement révélés… et même, bien des vedettes des écrans.
Nous en resterons à célébrer la bonne écriture, quels qu’en soient les auteurs.
Avec les compliments de Lettropolis : l’édition numérique de livres numériques appelés OLNIs®
