
Poursuivant mon approche récente sur l’essence et les effluves de la poésie, j’en viens aujourd’hui à Coma, cette obscure Mémoire à deux. Il s’agit d’un texte de Marie-Anne Chatelain publié dans notre Olnithèque, dans les Senteurs du Jour. J’en voudrais beaucoup comme celui-ci.
Un texte qui dérange, qui m’a dérangé parce que je ne savais pas où le classer : biographie, dans le Quai du grand Fleuve ? Les Raccourcis de la Pensée pour peu qu’on le lise comme un conte ? J’ai finalement opté pour le Sentier de la Poésie, considérant la fin du texte, considérant aussi que la mise en forme de ces fulgurances participait de l’essence de la poésie, née après un long, très long, réapprentissage à la vie. J’insiste bien, non pas réapprentissage de la vie, mais “à” la vie. Ainsi va la richesse de la langue française.
Il n’est nulle pitié en ma décision de publication, nul esprit de compenser le sort qui avait maltraité Marie-Anne en sa vie, nulle cognition du style “elle le mérite après ce qu’elle a souffert”, nul abaissement par lequel l’esprit de l’un se prostitue aux vicissitudes de l’existence de l’autre, et Dieu sait que le politiquement correct nous y force. D’ailleurs, elle ne l’aurait pas voulu, pas plus que moi. On peut discuter sur les chaos de nos parcours qui stimulent la fibre littéraire, mais en fin de compte, le texte prime et l’auteur s’efface, sauf à devenir l’ami, ce qui est un autre domaine.
Il faut donc lire Coma, Cette Obscure Mémoire À deux, ses fulgurances, ses prières, cette morale en action de poésie couplée à l’espérance sans faiblesse, dont je ne vous livre ici qu’une parcelle de lumière.
LES ANNÉES PRINTEMPS
Quelles journées nous prépares-tu ?
Sous quel arbre m’abriterai-je
Si la pluie vient, à bride abattue,
Cacher le soleil? Quel sacrilège!
L’hirondelle attend ta renaissance,
La nature, la clé de la délivrance.
Comme chaque année, tu seras de passage,
Après ton renouveau, viendra l’orage.
Toi la saison, le printemps
Tu rimes avec les ans
Du bout de mes trente-sept printemps
Me guette l’été de mes trente-huit ans!
Sans montrer la moindre impatience
Je t’attendrai en toute obéissance.
N’essaie pas de mettre un voile à tes journées,
N’essaie pas de ternir mes belles années.
Cet article, paru sur le blog Olni lors de la publication du texte, est réédité ici pour compléterla présentation de notre catalogue. Comme tous nos ouvrages, il mérite que vous le mettiez dans la liste de vos cadeaux, pour vous, pour vos proches, pour Noël, et au-delà.
Avec les compliments de Lettropolis : l’édition numérique de livres numériques appelés OLNIs®
