LETTROPOLIS EN DOMAINE D’ERGOLOGIE

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S’il est un domaine que le monde se partage, en tous lieux, en tous temps, c’est bien le travail. Mais ce partage se fait en différentes façons, et sur lui, notre bien aimé Descartes eût commencé un discours par une introduction bien sentie, pleine de bon sens. Cela posé, ne nous contentons pas de sa posture de doute, et engageons-nous dans une voie plus actuelle, celle de l’ergologie, défrichée et cultivée avec bonheur par Yves Schwarz, philosophe, professeur, frais retraité de l’Université de Provence, et surtout, défenseur infatigable d’un regard renouvelé sur les activités de travail : l’ergologie.

Entre les mots “activité” et “travail”, se développe un monde que nous croyons bien connaître, et dont de multiples pans nous sont cachés. C’est ce théâtre d’ombres que s’attache à révéler l’outil conceptuel développé par Yves Schwartz, dans sa dynamique à trois pôles. Pour faire très bref, si le premier pôle est celui du travail prescrit (la conduite à tenir, le mode d’emploi, l’opération standardisée etc.), le deuxième est celui du travail réel (la véritable façon d’opérer, les mille et une astuces de l’exécutant, le savoir-faire, qui ne sont pas toujours manifestés). En s’en tenant à cette bipolarité, nous créons de toutes pièces, a minima une méconnaissance, au pire un conflit.

Pour éviter de rester en cette impasse, l’ergologie pose le troisième pôle, celui de la mise au jour des savoirs, des rencontres, des enjeux, et si possible des conciliations. J’ose ajouter, et ceci est de mon cru, (avec et sans accent) de la mise en conflit régulé, si nécessaire, qui est toujours plus supportable que l’agressivité larvée ou le conflit pourrissant dont le harcèlement moral est un cas de figure.

En cette posture, il n’est pas interdit de retrouver la trace du démon de Socrate, intermédiaire nécessaire de conciliation (Yves Schwartz, je vous l’ai dit, est un philosophe, et non des moindres : la preuve, il n’occupe pas le devant de la scène médiatique.) Allons plus loin, nous empruntons aussi la voie de la tripôlarité, fondamentale en notre pensée indo-européenne… et peut-être au-delà. Les lecteurs de Dumézil ne me démentiront pas.

Bien entendu, l’ergologie, développée, étudiée depuis plus de trente ans par Yves Schwartz a dépassé ce constat initial et développé les outils adéquats. Ce progrès “improbable”, comme il le répète lui-même, a donné naissance à l’ORT (Observatoire et Rencontres du Travail) qui pose les jalons de sa pratique sur le terrain dans les GRT (Groupes de Rencontres du Travail). Les GRT sont en quelque sorte, une voie d’ultime recours de connaissance et de conciliation (y compris personnelle) lorsque les réformes, réformettes, restructurations, replanifications, réajustements et autres tentatives de remise en ordre d’une entreprise ont atteint leurs limites et démontré leurs manques.

Ce préambule était nécessaire pour bien marquer l’importance du sujet traité et mon implication personnelle, avec ma double casquette de réflexion professionnelle sur le milieu du travail et d’éditeur de textes de qualité ayant accès plus que limité et moins que rentable à l’édition sur papier.

Je me trouvais donc au séminaire tenu en fin de semaine à Sainte-Tulle par l’ORT. J’y ai eu l’occasion de présenter ce que LETTROPOLIS, en son Bois des Essais peut offrir à un tel foisonnement de pensées et de textes. Démonstration à l’appui, bien des intervenants et auditeurs de qualité ont témoigné de leur intérêt.

Il n’est donc pas impossible que notre Bois des Essais s’enrichisse de nouvelles pousses. Le terrain est préparé, nous y donnerons nos soins. Mais outre ce domaine, il se révèlera peut-être que des romanciers, des poètes fleurissent en cette atmosphère studieuse.

Quoi qu’il en soit, et cela est sûr, fleurissaient déjà des acteurs de théâtre-forum : la troupe O PANIER PRIME, amateurs professionnellement engagés, dont le directeur se montra aussi sympathique qu’intéressé par notre concept d’édition. Mais de la pièce qui nous fut présentée, je reparlerai spécifiquement dans un autre article pour ne pas alourdir celui-ci.

Que ce texte, témoigne de mon regard respectueux envers Yves Schwartz, et qu’il assure ceux qui nous suivent déjà et ceux qui nous suivront à LETTROPOLIS de notre engagement à faire connaître leurs œuvres.

www.rencontresdutravail.com

Avec les compliments de Lettropolis : l’édition numérique de livres numériques appelés OLNIs®

Cet article est dans la catégorie 4 Lettropolis se montre. Disponible sous permalien.

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