LE COURRIER LITTÉRAIRE DE LETTROPOLIS : LE GRAIN DES JOURS

LGDJCO.gif

J’ai choisi aujourd’hui d’extraire ces quatre vers d’un poème de Pierre Thioly publié dans Le Grain des Jours :

C’est un pêcher
Éclaboussé de fleurs
Sous le rire d’une fontaine
C’est un murmure d’éternité !

Les définitions de la poésie sont nombreuses, si nombreuses qu’on pourrait postuler qu’elle n’est pas définissable, et c’est peut-être mieux ainsi. Il faudra quelque jour que j’explore davantage la question de la définition, mais aujourd’hui, je me contente de penser, qu’en l’absence de consensus, le mieux consiste à prendre des exemples, et à les faire vibrer en soi. C’est pourquoi ces quatre vers ont pris leur envol dans l’âme d’un poète et offrent leur chant à qui veut bien les recueillir.

En poésie pure, il y a la beauté et le sens, intimement accouplés pour créer la beauté du sens et le sens de la beauté.

J’aimerais que l’on médite les mots que nous offre Pierre Thioly. Nous avons dit ailleurs qu’il était sensible à la forme du haïku, et je n’ose pas imaginer qu’il n’ait pas approfondi les symboles associés à cette expression. Ainsi il nous mène à ce monde dont je veux ici entre-bâiller quelques portes. Il viendra à l’esprit de chacun que le printemps et son renouveau ne seront pas étrangers à l’affaire.

Mais il serait inopportun de nous en tenir à cette évidence. Osons quelques pas supplémentaires. Si le Japon associe la fleur de pêcher à la fidélité et à la pureté virginale, la Chine y rajoute le symbole du mariage. La vie des symboles, comme toute vie, nécessite de poser ses frontières et ses ponts. Ainsi, nous retrouvons, associée au pêcher, la notion d’immortalité, car les Immortels se nourrissent de leurs fleurs. Et c’est au jardin des pêchers que se pratique le serment qui le rattache à notre jardin d’Éden. Connaissance… connaissance…

Je ne voudrais pas m’avancer davantage en cette voie qui mériterait une plus ample discussion. Qu’il nous suffise de savoir pour aujourd’hui que le bois, la sève et le fruit du pêcher, participent d’une épopée de la connaissance, de ses richesses et de ses risques. Mais je voudrais aussi insister sur la profondeur du sens. Si Pierre Thioly avait choisi le cerisier pour illustrer son poème, l’esthétique occidentale n’y eût rien trouvé à redire, mais le sens en eût été bouleversé, car le cerisier à fleurs du Japon ouvre la porte des souhaits de richesse, mais aussi de mort brutale et pure. C’est la raison pour laquelle les samouraïs prirent sa fleur pour image de leur destin, car elle tombe, comme tranchée d’un coup de sabre.

Faut-il que je développe ? Je ne crois pas ; pas ici en tout cas. Mais que chacun prenne en compte ces quelques lignes pour découvrir la beauté offerte et profonde des poèmes de Pierre Thioly regroupés dans le Grain des Jours et publiés sur LETTROPOLIS.

Et donner en quatre vers, cette image de l’éternité… Quand je pense que des poètes de cette envergure sont méconnus, je me réjouis chaque jour d’avoir créé LETTROPOLIS

Bonnes lectures, bonnes réflexions !

Avec les compliments de Lettropolis : l’édition numérique de livres numériques appelés OLNIs®

Cet article est dans la catégorie 1 Les Olnis® s'affichent, 2 Commentaires. Disponible sous permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.