PRÉSENTATION DE “PETITE FUGUE”

Quand on a eu, très tôt, le goût de lire et d’écrire, il arrive qu’un jour on se dise : “Je veux être écrivain”.

Pourquoi basculer de la création spontanée au désir d’un statut – voire d’une statue ? La vanité y a sa part, avec le besoin
d’accomplissement et aussi l’influence des grands Maîtres : on s’est nourri d’exemples fameux, de vocations encouragées par une rencontre. La Légende dorée de la littérature abonde en génies reconnus adoubant des talents précoces. L’apprenti écrivain cherche un mentor, l’auteur confirmé se complaît dans son rôle d’initiateur. Cette relation, où l’idéal se mêle à l’illusion, la manipulation à la sincérité, prête aux malentendus, aux conflits, au ressentiment. Les passions de tête ne sont pas moins violentes que celles de cœur.

Littérature, irait-on, en ton nom, jusqu’au crime ? C’est une question, parmi d’autres, que j’aborde dans cette “Petite Fugue” à trois personnages.

Les deux hommes sont bloqués dans un rapport Maître-disciple qui sonne de plus en plus faux, jusqu’à la rupture. Le mot “fugue” prend ici le sens de contrepoint musical : le thème du “grand écrivain” se joue, en majeur et en mineur, avec le décalage d’une génération.

Mais “fugue” signifie aussi “fuite”, “évasion”. C’est la solution choisie par le troisième personnage, une jeune femme. Folle, illuminée ou clairvoyante, déjouant les pièges des postures et des égoïsmes, elle ouvre un autre chemin, qui conduit au-delà de la littérature.

Chacun des personnages représente une option, une tentation. Ils ne cessent de s’apostropher, se déchirer, se réconcilier dans le théâtre intime dont la scène s’éclaire le jour où l’on se dit : “Je veux être écrivain”.

C’est l’été dernier ( 2010 ) que je me suis amusé à écrire ce petit texte ; il trouve sa substance dans des ruminations déjà anciennes, mais il ne serait sans doute jamais venu au jour sans la demande d’une amie comédienne à la recherche d’un rôle qui lui convienne. Je ne sais si la pièce finira un jour par “passer la rampe”, mais, du moins, le texte est là…

Petite Fugue
Marc Gautron
éditions Lettropolis
57 pages   1 euro

Avec les compliments de Lettropolis : l’édition numérique de livres numériques appelés OLNIs®

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