LA FOLLE DE BASTILICA

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Tel est le titre du deuxième OLNI proposé gratuitement sur LETTROPOLIS. Il s’agit d’une nouvelle extraite d’une livraison de 1829 de la Revue des deux mondes. Cette revue qui poursuit sa longue course est réputée à juste titre dans les sphères diplomatique et littéraire. Autant dire qu’il est intéressant de savoir lire ses lignes, et ses interlignes. En ce qui nous concerne, les lignes suffiront, surtout lorsqu’il s’agit de la nouvelle sus-nommée.

Pour les curieux de la cuisine interne, le texte, du domaine public, a été récupéré depuis Wikisource. J’invite les personnes désireuses de plus de détails sur les différentes licences à les consulter sur internet. Qu’on sache au moins que la transmission est libre à condition d’en citer la source, et que des modifications sont possibles, sujettes aux mêmes conditions. Nos lecteurs verront que nous avons enrichi le texte d’une couverture, d’un petit appareil critique (notre présentation habituelle) et que nous l’avons mis en forme correspondant à nos OLNIs. Je n’ai pas traduit les quelques lignes de langue corse, considérant qu’elles se comprenaient à la lecture. Nous avons supprimé des liens qui ne menaient qu’au texte de base. La lecture s’en trouve ainsi facilitée. Bien entendu le téléchargement est gratuit, après avoir validé son inscription et complété ses données personnelles (onglet “mon compte… mes données”).

Mais je reviens au texte, et pour ne pas faire doublon avec les pages de présentation et la préface que je me suis permis d’ajouter, voici quelques remarques complémentaires.

Si j’ai été séduit par cette nouvelle, c’est parce qu’elle accomplit en peu de mots un des grands défis de la littérature: être fidèle au terroir et embrasser le monde. Car des histoires de vendetta, la Corse en regorge, ainsi que la Sardaigne, la Sicile, et différents lieux de la Méditerranée, insulaires ou non. Je ne tomberai pas dans la pensée bien conformée qui consiste à réprouver sans comprendre, à fustiger ces personnes qui prennent le maquis, d’autant qu’un des mes grands-oncles… mais passons. Il est plus intéressant de plonger dans un monde où la notion d’honneur enveloppe des domaines que d’autres structures considèrent de moindre valeur, de savoir que le temps prend une autre dimension, que les héritages ne consistent pas seulement en biens matériels, mais aussi en valeurs traditionnelles, et que la transgression de la valeur fondamentale entraîne la punition fondamentale adaptée. En sera-t-il toujours ainsi? En est-il toujours ainsi partout, cela est une autre histoire. Mais nous devons nous en tenir à notre histoire, et aux petits grains de sable, si j’ose dire, qui grippent ce mécanisme bien huilé de la tradition.

L’amour est un de ces grains de sable, et non des moindres. C’est lui qui entraînera la belle Cecca sur les chemins de nuit et de mort pour rejoindre Pietro, l’ennemi mortel de la famille. Mais la façon dont ce dieu étrange réunit les jeunes gens jouxte la perversité, jusqu’au moment ultime. Et là, je ne veux rien dire de plus, pour ne pas ôter de l’intérêt à l’histoire. Le lecteur prendra le relai.

Je ne terminerai pas ces quelques lignes sans demander au lecteur de reprendre la description de la jeune femme: quasi dénudée, dépouillée d’une part de sa nature humaine, et bien que des bribes de pensée la soutiennent encore, elle a rejoint un autre monde, celui de l’animalité. C’est dans cette faille de son être que réside le drame humain le plus profond, et la grande force de ce récit, le deuxième thème qui nécessiterait à lui seul une étude approfondie: la quête incessante de la mémoire douloureuse obligeant à cette survie pitoyable. Par la folie apparente, cet apparent abaissement de l’âme traduit au contraire l’incessante recherche des cimes, de la justice en son sens le plus inaccessible, confrontée au destin des transgressions les plus osées, et aux conflits les plus extrêmes de l’humanité: existe-t-il une place pour la trahison dans l’enchevêtrement des devoirs de fidélité et d’amour ?

Avec les compliments de Lettropolis : l’édition numérique de livres numériques appelés OLNIs®

 

Cet article est dans la catégorie 1 Les Olnis® s'affichent, 1 Présentation. Disponible sous permalien.

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