BÉATRICE CARRÉ

Les lecteurs qui auront bien regardé la couverture de notre dernier OLNI, Le Masque et l’Enclume, auront remarqué, dans le coin inférieur droit, un nouveau nom. Il s’agit de Béatrice Carré, artiste numérique, dont le travail vient s’ajouter à celui de l’équipe de Lettropolis.

Béatrice n’est pas qu’une « petite nouvelle », c’est une artiste confirmée. Si vous en doutez, précipitez-vous sur son site. Vous serez surpris.

Accumulons les adjectifs de la surprise, puisque nous parlons littérature : surpris, étonnés, confondus, ébaubis, saisis, et mieux encore, attirés, pris, emportés, transportés. Mais la surprise elle-même nécessite son complément. Alors, certains seront désarçonnés, repoussés, confondus, stupéfaits, et d’autres, attirés, enrichis, méditatifs, admiratifs.

L’œuvre de Béatrice Carré ne vous laissera pas indifférents. L’artiste revendique – et comment pourrait-on ne pas la suivre ? – ses périodes sombres et ses périodes claires. Mais, sur ce fond d’ambivalence se détachent les lignes de forces de son travail : le corps féminin, tantôt en beauté de grossesse, tantôt en parcours d’érotisme, les voyages de l’esprit, les plaisirs simples, les ouvrages étonnants de la nature, mais aussi les forces sombres qui peuplent par moments nos âmes.

Nous retrouverons souvent une tendance à chercher la symétrie, mais à vite s’en échapper. Les chimistes savent bien, et le grand Pasteur nous l’a suffisamment démontré, que l’asymétrie est une des formes du commencement de la vie. Je ne sais si Béatrice a consciemment étudié cet aspect de son œuvre, ou si la forme s’est imposée à son imaginaire, et je me promets déjà une belle discussion avec elle.

Béatrice est une perfectionniste, et si ce mot n’arrive pas immédiatement dans son vocabulaire, on le devine dans la passion avec laquelle elle explique sa recherche du détail, soit dans la forme, soit dans les nuances de couleurs. Plus encore, lorsqu’elle dévoile l’imbrication des sous-couches de son travail, sorte d’accouchement – au forceps – de l’imagerie invisible, telle qu’Abel Gance l’avait réalisée dans son Napoléon par la superposition des prises de vues.

Béatrice Carré est artiste numérique, certes, car le numérique ne peut être évacué de notre monde, mais artiste au plein sens du terme, respectueuse des grandes leçons du regard et de la main, telles que ses devanciers les lui ont transmises. À ce sujet, j’ose un parallèle, en ses recherches chromatiques, avec l’accompagnement quasi obsessionnel de la lumière par lequel les impressionnistes avaient illuminé la peinture.

Mais avant d’en dire trop sur son œuvre picturale – ce qui reviendrait à la réduire – il faut savoir que Béatrice est aussi passionnée de français, et que – là aussi – elle s’investit avec bonheur. Nous en aurons bientôt la preuve.

Des cordes, des arcs, au service d’une personnalité ouverte au service du beau littéraire. Vous aurez donc compris que cette couverture n’est que le début d’une belle coopération. Bienvenue à Béatrice.

Rêve d’ailleurs
Béatrice Carré

Avec les compliments de Lettropolis, édition numérique de textes numérisés appelés OLNIs® (Objet Littéraire Naviguant sur Internet)

Cet article est dans la catégorie 4 Lettropolis se montre. Disponible sous permalien.

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