UN NOUVEAU CONSEILLER LITTÉRAIRE À LETTROPOLIS

Signe des temps, un nouveau conseiller littéraire entre à Lettropolis. Double signe, même, et double sens : la jeunesse humaine s’investit dans la jeunesse d’une entreprise en pleine croissance.

 Et, l’esprit de Lettropolis s’en trouve conforté, raffermi : les forces neuves réinvestissent la tradition, l’humain et la technique évoluent de pair.

 Voulez-vous le découvrir ? Il s’appelle Philippe de Lacvivier et…

Je le laisse se présenter lui-même : cliquez sur notre page des conseillers

 Et sachez qu’il est déjà au travail. Il nous prépare un remarquable et terrible témoignage pour… très bientôt.

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PIERRE KLEIN : LE GRAND MÉPRIS DE L’ÉDITION LIBRE

KLEIN VALLS

KLEIN VALLS

Un ami féru de recherches éditoriales m’a fait parvenir un de ces courts billets qui volètent dans l’espace des réseaux sociaux. Il émane d’un nommé Pierre Klein. Identité réelle ou pseudonyme, je ne sais, n’ayant jamais entendu parler de ce personnage jusqu’alors. Je suis donc peu suspect d’antipathie ou d’adulation. Penchons pour l’indifférence.

Le fond de l’affaire m’a été expliqué ainsi : un journaliste (Emmanuel Ratier) fait paraître un livre où il expose une autre vérité concernant la famille de Manuel Valls. Loin d’être l’enfant d’une famille rebelle au franquisme, celui-ci aurait en fait navigué dans les meilleurs milieux, sinon proches, du moins non poursuivis par l’ex-Caudillo.

Par ailleurs, toujours selon le journaliste, le même Valls, oscillerait de façon obscure entre des sympathies israéliennes et palestiniennes.

J’imagine que le journaliste s’appuie sur des faits précis. Ce n’est pas mon affaire. D’ailleurs, si ces faits sont exacts, ils ne feront que corroborer la stupéfiante capacité mensongère à laquelle les hommes politiques actuels… et au-delà, doivent leur carrière.

Dont acte.

 Mais, directeur d’une maison d’édition libre, je ne peux que m’insurger contre la teneur du billet étiqueté Pierre Klein. J’y relève que :

 « […] Les meilleurs (sic) mesures à prendre sont de ne rien   dire et de ne rien faire et ce livre sans éditeur va mourir tout seul […] »

Ce livre sans éditeur ! Ce Pierre Klein ignore-t-il ou feint-il d’ignorer que le Code de la propriété intellectuelle prévoit l’auto-édition, c’est-à-dire – pour enfoncer le clou – la possibilité pour tout un chacun d’éditer et publier ses propres textes sans passer par une maison d’édition ayant pignon sur rue, ou, plus exactement encore : dans sa propre maison d’édition ?

Ce Pierre Klein traduit-il par là que l’on doive interdire à qui en ressent la nécessité, de publier ses propres textes ? (La loi étant respectée, bien entendu).

Mais poursuivons le texte Klein :

« […] si on en parles (sic) ça va faire du bruit et là, des éditeurs vont s’y intéresser et ce n’est pas le but ! »

La confession continue : il nous est expliqué que des éditeurs – des bons, des vrais, des validés par M. Klein – vont s’y intéresser…

Ah ! Catastrophe ! Des éditeurs (les vrais !) et des lecteurs (peut-être des méchants ?) pourraient s’intéresser à un livre n’ayant pas reçu l’imprimatur de M. Klein !

La phrase suivante poursuit :

« L’écrivain attend le buzz internet, il ne faut pas lui rendre ce service. »

Faut-il suivre ce M. Klein, affirmer qu’il vaut mieux étouffer que prouver le contraire… si cela est possible ? Faut-il bloquer par tous les moyens la liberté de parole et d’écrit lorsqu’elle dérange ? Faut-il organiser l’asphyxie par la bien-pensance dès qu’un enfant crie que le roi est nu, ou que le premier ministre ne serait pas le malheureux réprouvé d’un ancien régime ?

La réponse d’une maison d’édition libre est non, encore non, toujours non !

Le conseil de l’éditeur à ce Pierre Klein est de revoir ses cours d’orthographe.

Le souvenir attristé face à cette dictature de la pensée qui n’ose même pas dire son nom nous ramène à la grande époque où M. Georges Marchais, affirmait qu’en URSS on pouvait publier ce que l’on voulait… à condition de trouver un éditeur.

Mais au moins, le ricanement dont il accompagnait ces paroles osait dévoiler la vérité.

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DIAGHILEV ET LES BALLETS RUSSES

Serge Pavlovitch de Diaghilev

Serge Pavlovitch de Diaghilev

Jean-Bernard CAHOURS d’ASPRY
a confié à LETTROPOLIS
la publication de son
DIAGHILEV

Les Ballets russes de Serge de Diaghilev ont enchanté, et parfois fait hurler, les foules du début du siècle précédent. Mais qu’en était-il donc ? Engouement snobinard de balletomanes distingués ? Feu de paille et de paillettes ? Ou transformation d’un monde dont cette forme d’art fut un marqueur puissant ? À près d’un siècle de distance, il fallait des témoins, des repères.

 M. Alexandre Aliexievitch Avdeev, ministre de la Culture de la Fédération de Russie a posé justement le problème par cette phrase :

« Un pont entre la Russie et la France ».

 Elle est si juste, cette phrase, qu’elle sert de sous-titre à la nouvelle biographie de Diaghilev, avec, en toile de fond, les célébrissimes Ballets russes.

 La deuxième personne illustrant au sens propre l’esprit des Ballets russes est le peintre Gueorgui Chichkine qui nous a autorisés à reproduire son remarquable triptyque Hommage aux Ballets russes de Diaghilev dont le panneau central orne notre couverture, et que l’on retrouvera en dernière page dans son intégralité.

 Enfin, pour concrétiser le cheminement, il fallait s’en remettre à un spécialiste. Jean-Bernard Cahours d’Aspry fait partie de ces étonnants personnages passionnés par cette époque – nous devrions dire par cette épopée – et qui, de plus, en a fréquenté les derniers survivants.

Son Diaghilev réjouira les amateurs de danse, les férus d’histoire de l’art, cela est certain, mais pas seulement… Faire revivre un monde disparu dont les échos ne cessent de nous enchanter, montre à quel point notre civilisation a besoin de repères, dont certains, pour incandescents et élitistes qu’ils fussent, perdurent et se distribuent dans la mémoire collective. Qui aurait méconnu les Ballets russes de Diaghilev, gardera bien une trace de L’Oiseau de feu de Stravinsky, ou de L’Après-midi d’un faune, inspiré autant de Mallarmé que de Debussy, ou des Danses polovtsiennes du Prince Igor de Borodine, parmi un bouquet de merveilles. Et les noms de Nijinsky, de Chaliapine, de Pavlova, et de tant d’autres seraient-ils perdus à jamais ?

De plus, nous découvrons aussi l’envers du décor, les moments sublimes, les fâcheries, la course aux mécènes, les rendez-vous manqués, tels celui de Diaghilev et de Déodat de Séverac, ce merveilleux musicien qui, de ce fait, reste au purgatoire des artistes.

Et s’il fallait ajouter une pensée parmi tant, je retiendrai celle de Nijinsky sur Isadora Duncan : 

« Les glissades et les sautillements enfantins de cette dame pieds nus ne méritent pas le nom d’art… ce qu’elle fait est spontané, ce n’est fondé sur les principes d’aucune école et ne peut donc s’enseigner… Ce n’est pas de l’art. »

Voilà bien un débat que ne renierait aucun philosophe soucieux du sens du monde. Ne l’entamons pas ici, mais ailleurs…

Ne nous refusons pas une ascension vers les rêves de Diaghilev, qui, rompant avec la platitude des spectacles mortellement convenus, associa les éclats de la danse, de la musique et de la peinture, pour composer l’architecture flamboyante des Ballets russes.

Diaghilev

Diaghilev

 

Jean-Bernard Cahours d’Aspry

Préface (bilingue) de Monsieur Alexandre Aliexievitch Avdeev, ministre de la Culture de la Fédération de Russie.
Illustration du peintre Gueorgui Chichkine :
Hommage aux Ballets russes de Diaghilev

1506 pages
650 notes
7,85 €

 

 

 

 

 

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LA RÉVOLTE DES SILENCIEUX

La Révolte des silencieux

La Révolte des silencieux

 LETTROPOLIS ET PIERRE LOURS
ont fouillé le maquis des bonnes histoires
et vous présentent :

LA RÉVOLTE DES SILENCIEUX

Que dire de ce texte ? Qu’il peut donner envie de bloguer ou de blaguer. Surtout, qu’il faut le lire, presque en le voyant en images, comme une bonne BD. Cela n’empêche pas qu’il pose quelques questions auxquelles aucun homme politique d’envergure au monde n’a échappé, ici et maintenant, mais aussi ailleurs et en d’autres temps. Au fond, le sérieux qui ne se prend pas au sérieux tout en s’interdisant les platitudes, n’est-ce pas le début de toute bonne réflexion ? Et de la réflexion à l’action il n’y a qu’un pas… un pas de trop, peut-être ?

C’est ce qu’ont dû se dire nos silencieux, avant de faire parler d’eux. Et ils y ont si bien réussi que leurs actions sont venues aux oreilles de Lettropolis. Il faut dire que Pierre LOURS y a mis du sien. Cet auteur a fait son miel d’une certaine bonhommie qui n’exclut pas le coup de patte du spécialiste. Est-il resté bon enfant à raconter cette histoire où les élites “pipolisées” sont invitées un peu brutalement à fréquenter un monde meilleur ? Il faudra le lui demander un jour où il se sentira en veine de confidence.

Un policier pas comme les autres
Une politique-fiction détonante
317 pages jubilatoires
7,85 €

 

 

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LA GRANDE FAIM

Je découvre sur le tard – jamais trop tard pour un chef d’œuvre – La Grande Faim, de Paul-Émile Victor, version enregistrée par l’auteur en 1956.

Il retrace le drame des grandes famines des années 1882 et 1883 sur la côte du Groenland. Certains ont qualifié – un peu légèrement – ce texte de roman. En fait, Paul-Émile Victor en avait recueilli les souvenirs lors de son premier séjour en 1934 à Tassiussak, la bourgade principale des Ammassalimiout. Comme dans bien des grandes aventures et découvertes – je pense à Cortés et la Malincha – le rôle d’information-transmission est dévolu à une jeune femme, ici nommée Doumidia, avec qui l’auteur partagea… bien des choses.

Cette version est un monument de littérature.

L’histoire tout d’abord. Brute et brutale, d’une simplicité effarante : la famine dans son expression la plus complète, presque incompréhensible à nos yeux, et d’autant plus agressive qu’elle échappe à notre monde, même pour ceux qui ont souffert au-delà de notre imaginaire. Je veux parler des camps de concentration dont les nazis n’ont eu ni la primeur, ni la spécificité. Que ceux qui en doutent lisent les témoignages trop rares (les morts écrivent peu) du Goulag, du Laogaï, des camps vietminh (hommage à Hélie Denoix de Saint-Marc et honte à Boudarel) etc. Mais au moins – horrible expression – dans ces camps, des hommes martyrisaient d’autres hommes, et il y eut des lueurs inattendues… trop rares, trop faibles.

Mais lorsque la Nature s’en mêle, lorsqu’aucune chasse ni aucune pêche, n’est plus possible, qu’aucune plante ne pousse, lorsque ces hommes qui ont appris depuis des siècles à survivre dans des conditions extrêmes ont mangé leurs chiens, leurs vêtements, les parois de leurs maisons faites de peaux de bêtes, lorsque le ventre est vide depuis des jours et des jours, lorsque les plus valides partent chercher de l’aide, dans la tempête, au prix d’efforts surhumains dans la neige, la glace, sur la banquise, et qu’ils ne rencontrent que mort et désolation, alors… ?

Alors la mort est inévitable. La mort donnée aux enfants, aux vieux, en les jetant dans des trous de la banquise, et en les suivant vers le monde des grandes chasses d’où la faim est bannie.

Encore faut-il ruser, jouer avec les courants de la mer sous la banquise pour éviter que le corps ne soit retrouvé, harponné par les derniers survivants, récupéré… et mangé.

Alors, que reste-t-il, au-delà de l’horreur ? Rien, peut-être, si ce n’est l’assassinat pour un dernier banquet, et ces témoignages : c’est plus sucré que l’ours, c’est bon.

 

Le style est dépouillé à l’extrême – un style auprès duquel celui de Simenon passerait pour fioritures – les phrases répétitives : « Ici il y a de la faim… Ils mangent de l’homme ». Pas un mot qui ne concentre le drame.

Quant à la diction de Paul-Émile Victor, là aussi, réussite totale, sans artifices, accordée à l’insensibilité glaçante de la nature. Je ne peux la comparer qu’à celle de Camus lisant L’Étranger.

Que nul ne discoure sur l’homme dans la nature s’il n’a écouté La Grande Faim de Paul-Émile Victor.

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