PIERRE KLEIN : LE GRAND MÉPRIS DE L’ÉDITION LIBRE

KLEIN VALLS

KLEIN VALLS

Un ami féru de recherches éditoriales m’a fait parvenir un de ces courts billets qui volètent dans l’espace des réseaux sociaux. Il émane d’un nommé Pierre Klein. Identité réelle ou pseudonyme, je ne sais, n’ayant jamais entendu parler de ce personnage jusqu’alors. Je suis donc peu suspect d’antipathie ou d’adulation. Penchons pour l’indifférence.

Le fond de l’affaire m’a été expliqué ainsi : un journaliste (Emmanuel Ratier) fait paraître un livre où il expose une autre vérité concernant la famille de Manuel Valls. Loin d’être l’enfant d’une famille rebelle au franquisme, celui-ci aurait en fait navigué dans les meilleurs milieux, sinon proches, du moins non poursuivis par l’ex-Caudillo.

Par ailleurs, toujours selon le journaliste, le même Valls, oscillerait de façon obscure entre des sympathies israéliennes et palestiniennes.

J’imagine que le journaliste s’appuie sur des faits précis. Ce n’est pas mon affaire. D’ailleurs, si ces faits sont exacts, ils ne feront que corroborer la stupéfiante capacité mensongère à laquelle les hommes politiques actuels… et au-delà, doivent leur carrière.

Dont acte.

 Mais, directeur d’une maison d’édition libre, je ne peux que m’insurger contre la teneur du billet étiqueté Pierre Klein. J’y relève que :

 « […] Les meilleurs (sic) mesures à prendre sont de ne rien   dire et de ne rien faire et ce livre sans éditeur va mourir tout seul […] »

Ce livre sans éditeur ! Ce Pierre Klein ignore-t-il ou feint-il d’ignorer que le Code de la propriété intellectuelle prévoit l’auto-édition, c’est-à-dire – pour enfoncer le clou – la possibilité pour tout un chacun d’éditer et publier ses propres textes sans passer par une maison d’édition ayant pignon sur rue, ou, plus exactement encore : dans sa propre maison d’édition ?

Ce Pierre Klein traduit-il par là que l’on doive interdire à qui en ressent la nécessité, de publier ses propres textes ? (La loi étant respectée, bien entendu).

Mais poursuivons le texte Klein :

« […] si on en parles (sic) ça va faire du bruit et là, des éditeurs vont s’y intéresser et ce n’est pas le but ! »

La confession continue : il nous est expliqué que des éditeurs – des bons, des vrais, des validés par M. Klein – vont s’y intéresser…

Ah ! Catastrophe ! Des éditeurs (les vrais !) et des lecteurs (peut-être des méchants ?) pourraient s’intéresser à un livre n’ayant pas reçu l’imprimatur de M. Klein !

La phrase suivante poursuit :

« L’écrivain attend le buzz internet, il ne faut pas lui rendre ce service. »

Faut-il suivre ce M. Klein, affirmer qu’il vaut mieux étouffer que prouver le contraire… si cela est possible ? Faut-il bloquer par tous les moyens la liberté de parole et d’écrit lorsqu’elle dérange ? Faut-il organiser l’asphyxie par la bien-pensance dès qu’un enfant crie que le roi est nu, ou que le premier ministre ne serait pas le malheureux réprouvé d’un ancien régime ?

La réponse d’une maison d’édition libre est non, encore non, toujours non !

Le conseil de l’éditeur à ce Pierre Klein est de revoir ses cours d’orthographe.

Le souvenir attristé face à cette dictature de la pensée qui n’ose même pas dire son nom nous ramène à la grande époque où M. Georges Marchais, affirmait qu’en URSS on pouvait publier ce que l’on voulait… à condition de trouver un éditeur.

Mais au moins, le ricanement dont il accompagnait ces paroles osait dévoiler la vérité.

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