Le 17e siècle

Depuis que je suis en retraite, chaque jour, je plonge quelques minutes dans le Lagarde et Michard. Longtemps, j’ai feuilleté au hasard, passant d’un genre à l’autre, sautant les siècles. Puis l’envie d’une approche plus suivie m’est venue. Je viens de terminer une lecture complète du volume concernant le 17e siècle. Que m’en reste-t-il? Une foule de détails, de longs moments d’une rare beauté, et, je n’ai pas peur de le dire, au risque de faire sourire à notre époque d’influence anglo-saxonne, une certaine fierté d’avoir pour langue maternelle, celle d’une si belle littérature.
J’ai eu aussi quelques surprises. Celle, par exemple, de découvrir qu’un auteur aussi consacré que Corneille, avait pu, de son vivant, souffrir parfois, du dédain et de l’abandon de ses contemporains.
J’ai aussi été séduit par Mme de Sévigné. Sa vivacité, son humour, son autodérision m’ont vraiment diverti, surtout parce qu’elle caricature certains de ses propres défauts qui sont exactement les miens. Vraiment inattendu !
Je vais visiter maintenant le 18e s. mais je me remets à batifoler.

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UN BONHEUR DE LA FRANCE LITTERAIRE

C’est un bonheur que de lire les commentaires de Marc Gautron et de Christine Henniqueau-Mary sur l’article de Claude Henrion. C’est un bonheur et un honneur de réunir ainsi trois auteurs de grande qualité sur Lettropolis. C’est une fierté de Lettropolis de naviguer librement en littérature,  loin des modes et des obligations du jour.

Il y a plus : s’agissant des vertus de la France et de sa langue, ces trois auteurs marient la forme et le fond, loin des slogans factices et des déclarations tonitruantes. Chacun à sa manière traite d’un amour français. Et la France le mérite. Chaque regard dans la moindre campagne le prouve, comme chaque geste de l’ouvrier formé à “la belle ouvrage” si ronchonneur soit-il (car il est Français, n’oublions pas !).

Je garde le souvenir d’une lointaine visite de l’église de Brou. Le guide avait un remarquable accent bourguignon qui enchanta mes jeunes oreilles. Je ne savais pas qu’il le partageait avec Colette, dont j’ignorais alors l’existence. Mais, plus important, il découvrit, au moyen d’un miroir et d’une lampe de poche, le visage sculpté d’une statuette, lequel était masqué sous un capuchon de marbre. Quelle est cette statue, je ne saurais le dire. D’autres sont plus éclatantes, plus connues. J’en reparlerai à l’occasion. Celle-là, née des mains calleuses d’un humble artisan, me fit comprendre la grandeur du travail bien fait, même s’ils risquent de devenir rares ceux qui en saisissent la portée. Ce maître anonyme avait montré l’exemple, qui est, selon une belle formule, un ordre tacite. J’aime ici le double sens approfondi du mot “ordre” que transmet la langue française.

Depuis le temps, ce guide a dû retrouver les esprits des grands ouvriers d’antan. La leçon d’ordre demeure. Il faut la poursuivre, l’appliquer. Un de mes amis, fier de son droit labour et de la tenue de ses anciennes soudures disait simplement : “Ça ne coûte pas plus cher de faire du bon travail.” Chacun est capable de comprendre cela, même si nous vivons en des temps où le frelaté règne sur l’audimat.

Et, comme tant d’autres amoureux de la chose littéraire, relisons encore un autre grand de la langue française et de la défense du sol qui l’avait porté. Je veux parler de Charles Péguy dont voici quelques lignes, extraites de L’Argent (1913) :

“Nous croira-t-on… nous avons connu des ouvriers qui avaient envie de travailler… Travailler était leur joie même, et la racine profonde de leur être. Et la raison de leur être. Il y avait un honneur incroyable au travail, le plus beau de tous les honneurs, le plus chrétien, le seul peut-être qui se tienne debout…

Nous avons connu un honneur du travail, exactement le même que celui qui, au moyen âge, régissait la main et le coeur. C’était le même conservé intact en dessous. Nous avons connu ce soin poussé jusqu’à la perfection, égal dans l’ensemble, égal dans le plus infime détail. Nous avons connu cette piété de « l’ouvrage bien faite » poussée, maintenue jusqu’à ses plus extrêmes exigences. J’ai vu toute mon enfance rempailler des chaises exactement du même esprit et du même cœur, et de la même main que ce même peuple avait taillé ses cathédrales…

Dans ce bel honneur de métier convergeaient tous les plus beaux, tous les plus nobles sentiments…

Ces ouvriers ne servaient pas. Ils travaillaient. Ils avaient un honneur, absolu, comme c’est le propre d’un honneur. Il fallait qu’un bâton de chaise fût bien fait. C’était entendu. C’était un primat. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le salaire ou moyennant le salaire. Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le patron ni pour les connaisseurs, ni pour les clients du patron. Il fallait qu’il fût bien fait lui-même, en lui-même, pour lui-même, dans son être même. Une tradition, venue, montée du plus profond de la race, une histoire, un absolu, un honneur voulait que ce bâton de chaise fût bien fait. Toute partie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement aussi parfaitement faite que ce qu’on voyait. C’est le principe même des cathédrales.”

Lettropolis se rebelle à la pensée que de telles œuvres, ainsi que de tels messages soient mis aux oubliettes par quelques parasites de l’Histoire.

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REGARD SUR LA FRANCE / CLAUDE HENRION

Aujourd’hui, Claude Henrion, qui est l’un des auteurs de Lettropolis, (France, agir ou périr ?) écrit aussi sur Tumblr. Il nous a donné l’autorisation de reproduire ses articles sur le blog de Lettropolis. Pour débuter l’année, en voici un dont le style et le fond forment une ode à la France. Quoi de mieux pour débuter l’année 2014, qui risque fort d’être fertile en événements stériles ?

La France, tout simplement.

 J’aime la France plus qu’il ne m’est possible de le dire : sa langue, sa culture, son histoire, ses réussites et même ses échecs, ici ou là (un peu moins fort, peut-être). J’aime ses architectures traditionnelles, son climat, ses campagnes, ses accents régionaux si menacés, ses mers et ses montagnes, ses plaines et ses lacs, son unité dans la diversité, ses traditions, ses clochers graciles et ses cathédrales puissantes, les milliers de petits calvaires perdus au creux des chemins, témoins émouvants de la foi de nos ancêtres, son histoire… et ses habitants, avec tous leurs défauts … tout, vous dis-je ! J’aime ce que fut, ce qu’est MA France, admirée et respectée, car admirable et respectable. 

 Tout ce que chacun d’entre nous peut penser ne peut s’exprimer que parce que nous partageons cette langue merveilleuse que l’on nous a enseignée, avec et dans un système bien défini et bien précis de références et de valeurs structurées. Chacun de nous n’est que le produit de tout ce qui vient d’elle : idées, réflexes, opinions, pensées, jugements, musiques, sens esthétique, penchants, culture, nos goûts culinaires et même notre goût parfois exagéré pour la critique…

 C’est cette certitude calme que j’appelle mon patriotisme, avec tout ce que ce mot comporte de bon et de beau a mes yeux. Et de moins bon, paraît-il, si l’on en croit ces gens qui se sentent intelligents parce qu’ils disent tous la même chose au même moment, entre eux.

“Attaché à ma patrie par une tradition familiale déjà longue, nourri de son héritage spirituel et de son histoire, incapable en vérité d’en concevoir une autre ou je puisse respirer a l’aise, je l’ai beaucoup aimée et servie de toutes mes forces”.

C’est de Marc Bloch, encore, toujours, jamais assez. Dans une lettre a ses parents, il ajoutait : 

“Vous m’avez appris à mettre certaines choses au dessus de la vie même”, écrivant ces mots pendant les drames sans nom de la  guerre… où, seulement parce qu’il s’appelait Bloch, il devait quitter cette vie moins valable à ses yeux que son amour pour sa Patrie… fidèle perinde ac cadaver, comme disait Ignace de Loyola (comme pourrait le faire un cadavre). Prémonition ?

Le très républicain Ernest Lavisse lui avait ouvert la voie, dans la préface de son Histoire de France : Tu dois aimer la France parce que la nature l’a faite belle, et parce que son histoire l’a faite grande”…

Comme les modes changent ! Et comme j’ai honte des fausses pudeurs et des repentances convenues actuelles, si artificielles, si réinventées, si perverses et si nocives, en réalité, et si déconnectées de toute vérité autre que de l’ordre du législatif – que, en bon républicain, je n’oserai pas qualifier de partisan…

Mais puisqu’il y a tant à reconquérir… allons-y ! « N’ayez pas peur », recommandait Jean-Paul II… Tout est ouvert; le futur reste à inventer.

Aujourd’hui, j’avais envie de partager tout ça…

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2014 : SOUHAITS DE LETTROPOLIS

Pour Lettropolis, des vœux stéréotypés et obligatoires n’ont guêre d’intérêt. Mais des souhaits de perspectives et résolutions raffermies, rappelées en ce début d’année, tel est notre message.

Lettropolis souhaite donc que les enfants apprennent à lire, écrire et penser hors des dictactures que le « correct » impose. La langue française classique leur offre un support pour cela. Mais toute version, langue de bois, langue de coton, langue de guimauve ou langue de « textos » les enferme dans des cages de réduction mentale. Cela n’est pas à souhaiter.

Lettropolis souhaite que la lecture soit débarrassée de sa gangue de clinquant, de papier forcé, que le texte ne soit pas confondu avec le contenant par lequel il est véhiculé, et que ce contenant ne devienne pas la parure ostentatoire des étagères remplies et des raisonnements affadis.

Lettropolis souhaite aux Français de redécouvrir le sens de la lecture choisie et non pré-livrée, de partager des textes libres, d’en extraire le sens et de vivre libres.

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LES CADEAUX DE NOËL

 

Lettropolis : l'accueil

Lettropolis : l’accueil

 

Noël approche, précédé de l’esprit de l’avent, de lumières, de chansons, de clochettes, de recherche de cadeaux. Nous avons une pensée pour les rennes du Père Noël (ils travaillent au-delà de 35 heures), pour le Père Noël lui-même (même s’il se trompe parfois de cadeau, mais toujours de bon cœur), et pour cet enfant né pauvrement dans une étable entre un bœuf et un âne, compagnons chaleureux d’infortune.

Noël est un temps spécial qui s’impose à toutes les cultures, à toutes les pensées, car c’est la période où la lumière revient, les jours s’allongent. Oublions les calculs savants du solstice d’hiver, gardons l’esprit du jour renaissant et fêtons Noël.

Mais c’est aussi un temps où chacun se sent renaître, spécial, unique, libéré, et souhaite partager cette disposition d’esprit.

Alors, les cadeaux de Noël, pourquoi devraient-ils être stéréotypées, programmés selon les modes, imposés par des classements médiatiques ?

Lettropolis, qui découvre les bons auteurs ignorés des tambours médiatiques, vous propose des cadeaux originaux.

Il y a toute notre olnithèque de textes numérisés, et aussi les cadeaux physiques en CD et DVD :

  • l’intégrale numérique de Christine Henniqueau-Mary
  • Le colloque Jeanne d’Arc au XXe siècle
  • La condamnation de l’Action française de Philippe Prévost
  • Chante rossignol, chante de Dominique Chagnaud (lu par l’auteur).

Pour les lecteurs « sur papier » il y a aussi :

  • Brumes corses de Claude Ferrieux
  • L’empire en vacances, de Claude Ferrieux,
  • Le roman de Guilhem d’Aude Pilorgé
  • Ma grammaire de poche, de Charles Baurin
  • Du rêve à la réalité, de Martine Gay
  • Le 30e rallye aérien de Martine Gay

Sans compter, toutes les photos spécialement choisies par Lettropolis à partir des textes édités.

 Alors, vos cadeaux de Noël ?

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