LA HAINE D’ERIKA EWALD

La Haine d'Erika Ewald

La Haine d’Erika Ewald

Erika Ewald, vous la connaissez ? Oh oui ! Cette violoniste virtuose, cette artiste incomparable. Oui, mais quel odieux personnage ! Quel masque de dédain !

On a parlé, un certain temps d’une histoire ancienne. D’ailleurs Stefan Zweig en avait tiré une nouvelle : L’Amour d’Érika Ewald. Mais les gens évoluent. C’est la vie. La douce jeune fille a viré à l’aigre. C’est pourquoi Christophe Biotteau a confié à Lettropolis la suite de l’histoire : La Haine d’Érika Ewald.

Maintenant, Erika Ewald est au faîte de sa gloire, mais aussi de son incommensurable orgueil. Elle attaque la musique par toutes les forces de son intelligence. Elle décrypte les intentions des auteurs, même les plus cachées. Mais ne comptez pas sur elle pour un sourire. Oh non ! Attendez plutôt une rebuffade, une phrase assassine. La musique, la vraie musique, c’est Erika Ewald. Jusqu’à ce qu’apparaisse un petit homme, un musicien raté, enfin, médiocre. Et que celui-ci lui apporte l’œuvre de son ami décédé. Une pièce qui ne parle pas qu’à l’esprit, mais surtout à l’âme. Une pièce née de l’approche d’un autre monde, celui d’une vieille église, que seuls de rares fidèles ont entendue à ce jour.

Erika Ewald est transportée de curiosité, et de rage. Voici que le petit musicien raté — ce Drewer — lui met en marché en main : la possession de la partition contre un concert en duo. Elle finira par céder — car cette partition lui pose un défi insensé — mais attention aux pires bassesses ! Et pire encore, au prix d’une intense brûlure intime.

La haine est un moteur puissant, et plus puissant encore celle d’Erika Ewald. Mais un proverbe chinois le dit bien : si l’on chevauche un tigre, il ne faut jamais en descendre.

Erika Ewald le connaissait-elle ? Vous le saurez en lisant :

La Haine d'Erika Ewald

La Haine d’Erika Ewald

 

 

La Haine d’Erika Ewald
Christophe BIOTTEAU
249 pages
7,85 €
éditions Lettropolis

 

 

 

 

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DÉCROCHEURS ? ON N’ACHÈTE PAS LES NEURONES AVEC DES MILLIONS

NEURONS

NEURONES   Image extraite de michelsutter.fr

Cette semaine, grande information et non moins grande prestation ministérielle : des «décrocheurs » par milliers, et des euros par millions. Traduction : on ne sait plus combien d’élèves ne savent pas aligner trois mots correctement, quittent l’école ou le collège pour les terrains vagues des lisières de la société, et l’on sort du chapeau – c’est-à-dire de notre portefeuille – des dizaines de millions d’euros, pour inventer de nouvelles mesures d’accompagnement.

Sur un site comme Lettropolis, porteur de littérature, autant classique qu’émergente, nul ne peut être inattentif à la dégradation progressive, cent fois annoncée, cent fois vérifiée, non de la maîtrise du français – ne rêvons pas – mais, de son utilisation correcte, et a minima de son respect.

Alors, la prestation ministérielle est-elle un non-sens ? Non ! Elle a du sens : elle prouve l’incapacité à comprendre, ou pire encore la volonté de ne pas agir et de se camoufler derrière la « pompe à phynances ». Ubuesque Vallaud-Belkacem ! Ubuesque, mais bien dans la ligne des mauvais boutiquiers que les Français choisissent avec une persévérance aussi ridicule chaque fois qu’on leur agite des urnes sous le nez. Vallaud-Belkacem n’est pas plus responsable que les millions de bons Français qui l’ont amenée, de façon indirecte, au poste où elle se tient.

La réalité est plus simple : on n’achète pas des neurones avec des millions ! Des neurones ? De quoi parlons-nous ? Ah, oui ! Les fameuses petites cellules grises qu’agite Hercule Poirot pour résoudre les énigmes de la bonne Agatha. Les mêmes petites cellules grises qui servent à apprendre que B et A font Ba : les bases de la lecture et de l’écriture, prolongées par la grammaire. En quelque sorte, les briques et le mortier avec lesquels on structure un élève, on lui donne les bases pour se construire lui-même, s’élever. Car s’élever est bien le but : que l’enfant s’élève.

S’élever ? Jusqu’où s’élever ? Là est la question. Là se dévoile une grande différence entre la Droite et la Gauche. Droite et Gauche avec une majuscule pour bien montrer que j’évoque des structures de pensée, et non le fourre-tout où se retrouvent bien à l’aise les partis dits de droite et de gauche. Et si l’on veut bien lire en raisonnant et ne pas sauter au plafond, si l’on veut bien accepter une approche cartésienne, avec le fameux « bon sens le mieux partagé » (c’est-à-dire la raison), si l’on accepte de réfléchir aux motivations profondes, ou, aux origines des divergences des pensées et des actes qui en découlent, on comprendra que des actes de Gauche soient pratiqués par des politiciens de droite comme de gauche (et vice versa).

Je pose donc ceci comme pensée fondamentale (et les preuves abondent) : La Gauche est incapable d’admettre que tous les élèves, même parvenus à leur degré maximum d’élévation, ne plafonnent pas au même niveau. La Gauche refuse les différences de la vie. La Gauche se gargarise de grands mots (Égalité, que de crimes contre l’intelligence on commet en ton nom… pour parodier Mme Rolland devant la guillotine… la machine à égaliser de la Gauche). La Gauche nivèle, chaque fois plus bas. La Gauche, confrontée à la réalité, refuse d’admettre ses erreurs et croit s’en sortir en « en rajoutant une couche ». Il y a déjà trop d’Éducation nationale… Cela ne marche pas… Augmentons encore !

Si certains sont choqués de l’utilisation du mot Gauche (avec majuscule) qu’ils le remplacent par une expression comme « Idole de perfection inaccessible ». Quant au mot Droite (toujours avec majuscule) qu’ils le pensent en « Amélioration avec erreurs et corrections ».

Tout cela bien posé, les solutions sont simples à comprendre :

1/ Revenir aux bases du bon français. Faire en sorte que l’on puisse se parler, s’écrire et se comprendre dans une des langues les plus riches de la planète. Cela raréfiera peut-être le fait que l’expression « mauvais regard » soit synonyme de « j’te nique ta gueule, bouffon ! »

2/ Supprimer le délire fonctionnel du collège unique. Admettre que les études classiques ne sont pas faites pour tous, non plus que les études techniques ; que les manuels, les techniciens doivent avoir rapidement les moyens de leur meilleur développement, et que cette formation ne les déprécie en rien.

3/ Avoir en esprit que les meilleurs dans chaque groupe ne doivent pas être pénalisés par les moins bons.

4/ Et savoir reconnaître qu’en dépit des meilleures solutions possibles, il restera toujours des retardataires, des « décrocheurs » dans tous les groupes, avec tous les risques sociaux que cela entraîne. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de solution parfaite, mais simplement des solutions moins mauvaises que d’autres.

Ces solutions, si elles sont simples à comprendre ne seront pas simples à mettre en œuvre tant que l’Éducation nationale restera le B&B de la Gauche, à savoir le Bastion et le B…l.

Français fiers de progresser en cette belle et forte langue, à vous de voir ! À vous de faire !

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FERMEZ LES ÉCOUTILLES

Fermez les écoutilles !

Fermez les écoutilles !

 

Je vous fiche mon poulet, qu’en ces temps incertains, il faut sans doute fermer les écoutilles pour ne pas sombrer.

Impossible me direz-vous ! Comment éviter les unes des journaux, les flashs des radios, les images sanguinolentes et cruelles des télés et des sites internet ?

Comment ignorer les décapitations « tranquilles » façon hallal, les fraudes fiscales petits joueurs des politiques en charge de veiller à l’intérêt général, les intrigues de cour de récréation ourdis par les plus hauts personnages d’un Etat vacillant et castré de sa souveraineté, comment oublier les trahisons répétées des journalistes pollués par des idées nulles et convenues, ou prosternés pour survivre devant les dictats des lignes éditoriales flottant au gré des intérêts des puissants.

Comment ? Mais en se concentrant sur l’essentiel, pardi ! Il faut fermer les écoutilles !

Tenez, il y a quelques matins, me réveillant aux aurores, par l’étroite fenêtre de ma chambre, à 10 mètres de moi, enfouie dans les hautes herbes et flanquée de son petit, quoi de plus régénérant que le spectacle d’une biche aux aguets du moindre mouvement ou du plus petit bruit, se reposant de sa quête matinale de glands, d’herbes sauvages goutteuses et aussi de légumes de mon jardin comme ces blettes broutées à belles dents avant que je les gratine au four !

Et ces forêts flamboyantes du Cantal qui tapissaient ma route de montagne vers Paris, ces feuillus encore bien fournis de feuilles jaunes, oranges, rouges et marrons, cette fourrure végétale drue que l’on aimerait caresser comme la toison moelleuse et dense d’un chat ronronnant.

Un chat ! Voilà une autre joie ! Endormis contre vous, tantôt digne et secret ou prenant la pose avec langueur et harmonie. Créature divine pour les Égyptiens, satanique pour nos religieux ancêtres du Moyen âge, cette âme animale vous transporte vers le Créateur aussi sûrement qu’un psaume du roi David, pourvu que l’on y prenne garde.

Les Psaumes ! Ces prières partagées entre peurs, suppliques et louanges… Permettez moi de vous donner quelques extraits du psaume 103, de courtes pensées qu’il vous sera loisible d’adresser au Dieu qui vous parle, à l’amour qui conduit votre vie, loin de l’écume des jours.

« (…) Seigneur mon Dieu, que de grandeur et de magnificence dans vos ouvrages ! Vous vous êtes revêtu de gloire et de majesté ; vous vous êtes couvert de lumière comme d’un manteau. Vous avez étendu l’air au dessus de nous comme un pavillon ; et vous le couvrez d’eaux pour les besoins de la terre ; (…) Vous vous servez des vents comme des messagers ; et des flammes de feu comme de vos ministres. (…) Vous faites couler les fontaines dans les vallées, leur cours est entre les montagnes. (…) Les oiseaux du ciel se retirent auprès de ces fontaines, et font entendre leur ramage du milieu des rochers. (…) Vous faites naître le pain de la terre, et le vin qui réjouit le cœur de l’homme. (…) Vous avez créé la lune pour marquer les temps ; le soleil sait où il doit se coucher. ».

Alors, tout ça vaut bien un clair de lune, tout simplement !

Pierre Lours, l’auteur de cet article a son propre blog http://uneclefdeschamps.overblog.com/

Pierre Lours a publié chez Lettropolis : La Révolte des silencieux

La Révolte des silencieux

La Révolte des silencieux

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RÉSOLUTION 242 : TRISTE ANNIVERSAIRE !

 Résolution 242 : la trop célèbre !

Il y a exactement 47 ans, ce 22 novembre, un des textes les plus dévastateurs de l’histoire du monde était signé à New York : la trop célèbre ”Résolution 242” des Nations Unies. Triste anniversaire dont il est important de rappeler la genèse et les conséquences, dramatiques depuis bientôt un demi-siècle… et pour longtemps encore, hélas !

La haine profonde qui semble exister entre Israël et un État palestinien en devenir (ou pas ?),  est en réalité une construction artificielle et relativement récente à l’échelle de l’histoire : arabes et juifs se connaissent bien et cohabitent de longue date, ils appartiennent aux mêmes groupes ethniques, descendant tous deux, disent les Livres saints, de Sem, un fils de Noé -ce qui ne rassure personne ! Ils ont partagé l’histoire et ses aléas, ils ont eu bien des disputes, connu bien des crises et traversé des périodes plus calmes. Cependant et malgré cette histoire commune, tout semble se passer aujourd’hui comme si la coexistence d’un Islam dur et d’un Israël blessé (ou vice-versa) constituait un obstacle insurmontable à un bon voisinage, à cause d’une confusion entre État d’Israël et Foi d’Israël qui gêneraient et menaceraient la Foi d’un islam se voulant en pleine renaissance.

A la fin de la deuxième guerre mondiale, les Alliés victorieux, atterrés par la découverte des horreurs faites aux Juifs, ont voulu se racheter : les survivants des pogroms et des camps d’extermination reprendraient possession de terres dont l’histoire, Rome et l’islam les avaient privés,  morceau de désert stérile, peu peuplé, sans espoir… Les nations arabes, pas plus enthousiastes qu’il ne faut, rejetèrent violemment cette solution, estimant que ces terres leur appartenaient : le Coran précise que toute terre qui a connu l’Islam une minute est à Allah pour l’éternité. Mais la Résolution 242 n’est pas dans le Coran.

Une première guerre entre arabes et juifs aurait pu permettre de trouver une solution, mais il a fallu que quelque méchant J’noun (en arabe, les J’nouns –pluriel de djinnsont des diables ou des diablotins. Ici, pas de doute : un diable authentique !) invente une astuce dont le monde a mis longtemps à comprendre l’horreur. Par une erreur historique due –une fois de plus– à l’inculture des politiciens et à leur myopie devant les conséquences possibles de leurs actes, le texte mettant fin à ce conflit a été adopté en langue anglaise, alors que c’est le français, également langue officielle de l’ONU et encore très utilisé à cette époque qui s’imposait, à cause de sa précision structurelle.

Et nous eûmes donc droit à la ”Résolution 242” de l’ONU, qui mérite sa triste célébrité :

Withdrawal of Israel armed forces from territories occupied in the recent conflict”… En français, cela peut se traduire par : ”Israël retirera ses forces armées… (soit) des territoires occupés… (soit) de territoires occupés”, ce qui n’est pas du tout la même chose ! Tous les territoires, avec la première lecture, mais seulement certains territoires, avec la seconde. Les Arabes ont donc lu l’une, et les juifs, l’autre…Devinez qui a lu laquelle ? (la traduction de l’ONU était la version la plus favorable à Israël)..

Là, deuxième J’noun : les nations arabes ont refusé toute aide internationale pour ”intégrer” les populations concernées (on sait, depuis, que l’intégration n’est pas facile à réussir, fut-ce dans un même univers culturel), et au lieu de les recevoir dignement –ce qui était possible, à l’époque– ils les ont parqués dans des ”réserves”, sans espoir, sans solutions, sans débouchés, sans dignité… et sans planning familial pour le bon équilibre des populations ! Et souvent sans eau… alors que, pendant ce temps, les colons juifs transformaient, contre toute attente, leurs coins de désert inhospitaliers en un jardin d’Eden (et une Silicon Valley !).

Frustrations et amertumes réunies, il ne restait plus qu’à  s’accuser l’un l’autre de tous les péchés du monde : cette haine sciemment créée est de celles qui ne s’effacent pas facilement. Preuve ? Ces dizaines de jeunes gens qui se font sauter eux-mêmes, au milieu de foules, n’importe où dans le monde (quand ils n’égorgent pas leurs semblables avec un canif), soi-disant pour la plus grande gloire d’Allah…

Nous sommes dans une de ces crises sans fin prévisible qui traversent l’histoire, le plus souvent pour des causes qui auraient dû être évitées, ce qui rend leur solution encore plus difficile. Parler d’ une querelle religieuse est vide de tout sens ici… même si c’est la raison la plus fréquemment invoquée, et même si c’est au nom de cette guerre mensongèrement qualifiée de ‘’guerre de religions’’ que le monde vit, depuis le 27 Novembre 1967, sur une véritable poudrière en train d’exploser….

En laissant la situation pourrir, on risque de créer, du côté israélien, un mouvement désespéré qui pourrait devenir comparable à ce qui existe du côté musulman ! Rappelons-nous que ”Toute force appliquée tend à générer une contre-force comparable mais de sens opposé”. Le temps presse et les solutions sont rares. Comme le soulignait il y a peu de temps SS.le Pape François, seul le dialogue inter-religieux pourrait , peut-être, entre-ouvrir la porte à un vague espoir…

Claude Henrion, auteur de ce article sur la résolution 242 a publié sur Lettropolis :

France, agir ou périr ?

France, agir ou périr ?

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MA NOUVELLE AMIE

Ma nouvelle amie

C’est un film diffusé en ce moment dans les salles obscures…

Aux derniers naïfs – je crois qu’il n’en reste plus beaucoup – je voudrais dire sans ambages que ce n’est pas qu’un film « délicieusement subversif », sur un sujet en vogue qui a fait couler beaucoup d’encre sale. Il y est question, on l’aura compris, d’un veuf dans sa trentaine qui, après la mort de sa femme, se prend à rêver d’en devenir une. Il n’y a pas d’innocence en art. On ne fait pas un film que pour dire et montrer ça ! Je m’explique.

Je ne discuterai pas de l’histoire elle-même ni de sa vraisemblance  (j’en laisse le soin aux « critiques » professionnels qui s’en chargent à ma place, mieux que moi, Dieu merci); je ne dirai pas si ce film m’a plu ou déplu, (cela n’est d’aucun intérêt pour personne) ; je ne parlerai pas de l’ennui ou du plaisir que l’on prend à le voir (qu’importe, ce n’est pas le sujet de ma petite réflexion) ; je ne citerai pas même le nom de son créateur (ce serait tomber dans son piège). Je voudrais simplement dire à ceux qui prétendent nous diriger, nous réformer, nous remodeler, qu’ils ne se flattent pas si vite : nous n’avons aucun pouvoir  comparé au leur; cependant, l’esprit critique n’a pas abdiqué. Nous voyons votre malice…

Ce film est subtilement sulfureux. Les images sont subliminales, au sens où elles ne sont perçues qu’au-dessous du niveau de conscience ; le véritable message du film est transmis de manière effractive, de biais, inconsciemment. C’est de l’art (et de l’imposture, de bonne guerre). « Osons ! » s’est dit son auteur. L’essentiel en art, en peinture et au cinéma, en particulier, est souvent ailleurs… Nous croyons voir ce que l’on nous montre. Pourtant il y a plus intéressant à voir et que, précisément, l’on ne veut surtout pas nous montrer, mais que notre cerveau enregistre, à notre insu, et qu’il interprète, ensuite, au repos, à l’abri… Le vrai travail de sape a lieu après la projection. Dans ce film, par exemple, il me semble que le sens véritable se déchiffre après coup, à travers des images d’objets et de lieux fortement connotés d’un point de vue symbolique. Et c’est assez bien fait.

1) Dans Ma nouvelle amie, ce qui est chrétien est, faut-il s’en étonner ? assimilé à la naïveté, l’aveuglement, la bêtise, le vieux, le fané, le froid.

Le beau-père apprenant que le héros/héroïne accidenté a été retrouvé habillé en femme émet l’hypothèse – ridicule – qu’il allait peut-être en plein après-midi à une soirée de déguisements… Les croix noires menaçantes sur fond de vieux papier peint délavé dans une chambre assez miteuse nous rappellent une « vérité » déjà entendue : que ce symbole appartient à un monde dépassé. Cette chambre est, d’ailleurs, celle d’une vieille maison bourgeoise abandonnée en pleine nature, jadis habitée, aujourd’hui désertée ; c’est l’automne, il y fait froid ; il y fait sombre. On comprend que cette maison est inhospitalière et douloureuse… La croix en or que porte discrètement (point « ostentatoire » !) la belle-mère du héros/héroïne est évidemment discréditée par les propos convenus de cette bourgeoise qui ne comprend rien à ce qui se passe et que « l’efféminisation » de son gendre laisse tout simplement interdite. La croix est implicitement l’indice d’une incapacité à s’adapter aux nouvelles normes. Ceux qui la portent sont des arriérés étiquetés.

2) De plus, dans Ma nouvelle amie, s’opposent bien deux mondes, c’est-à-dire deux univers et deux espaces géographiques symboliques aux antipodes:

la maison bourgeoise urbaine et moderne est le lieu de la transgression culturelle et « civilisationnelle » ; la vieille maison de campagne, lieu des souvenirs qui font mal, où l’on trouve aux murs ces objets d’une autre temps : des crucifix noirs, noirâtres, charbonneux… est la maison du monde d’avant, ce monde que le film enterre… Ce film ne nie pas à quel point il est difficile de s’arracher à ses anciens errements ! La maison de campagne est menacée par la nature environnante… Elle est froide, chargée de souvenirs… C’est la maison des origines, ce à quoi il faut s’arracher ! Les personnages vacillent souvent et sont entraînés tantôt vers un espace, tantôt vers un autre, espace rural, espace urbain. Il faut choisir « sa maison ». La maison urbaine, d’une banlieue « chic »,  peut, selon moi, symboliser la culture et l’évolution, au sens où l’entend son auteur ; et le propre de la culture n’est-il pas de dépasser les normes naturelles, bien sûr ?…  Brandon de discorde !… Au milieu, figure l’endroit intermédiaire : l’aire d’autoroute où le héros/héroïne change d’habits et passe de l’homme à la femme ou de la femme à l’homme – l’autoroute, lieu transitoire, de régression ou de progression : qui nous ramène à la maison de campagne, le monde d’arriération culturelle qu’il faut abolir ou à celui de ses agglomérations urbaines, ses centres commerciaux, de ses banlieues cossues, celui de la « modernité » épanouissante…

3) L’enterrement par lequel commence Ma nouvelle amie est, en fait, on le comprend ensuite, l’enterrement de l’ancien ordre ou de l’ancien monde, le monde des normes dépassées ou qu’il faut dépasser.

Ce n’est pas pour rien que la jeune femme trépassée est enterrée dans sa robe de mariée : c’est l’enterrement du mariage normatif, hétérosexuel et religieux que résume sa robe blanche qui, bien sûr, pourrira dans une tombe. Et ce n’est pas pour rien si c’est son mari qui l’habille: il va, pardi ! prendre sa place et il va – enfin ! – devenir elle et porter ses vêtements ! C’est par conséquent dans le nouvel ordre des choses que le héros/héroïne enterre le mariage hétérosexuel et tous ses codes avec, au sens propre et figuré ! Le mariage immémorial entre un homme et une femme, qui plus est mariage chrétien, le cinéaste vous  l’envoie dans la tombe d’entrée de jeu, allez hop ! Tout le monde pleure. Il faut en convenir : changer l’un des paradigmes de la civilisation est toujours douloureux. En éprouver un certain chagrin, à la condition de vite passer à autre chose, est légitime. La suite n’en sera, selon le film, que meilleure !

Quand l’art subliminal sert l’idéologie, on arrive à des sommets de manipulation. Il est urgent d’apprendre à décrypter ! À ceux qui disent : « Osons », répondons : « Décousons ! » Nous sommes pris dans une guerre spirituelle et métaphysique et ce film est un boulet de canon venu du monde du dessous à destination du monde d’au-dessus. L’arme est d’autant plus efficace qu’à la plupart des petits soldats que nous sommes, sa trajectoire est invisible. Combien de clochers renversera-t-elle encore ?

Christophe Biotteau a publié :
Le Martyre dévoilé de la bienheureuse Jeanne Billace

Le Martyre dévoilé de la bienheureuse Jeanne Billace

Le Martyre dévoilé de la bienheureuse Jeanne Billace

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