L’actualité ne laisse aucun choix : en ces tristes jours, parler de l’islam est incontournable. Mais c’est une tâche immense. Plusieurs ”billets” seront donc nécessaires pour exposer et décrire à ceux qui en seraient éloignés toutes les facettes, les aspects cachés, le non-dit et les dimensions de ce substantif.
En ces temps d’enlèvements, de bombes humaines, de décapitations filmées, de véritables génocides, de djihad et de barbarie revendiquée, il n’est pas facile d’aborder un tel sujet avec sérénité, mesure, et sans langue de bois. Car il ne s’agit plus, aujourd’hui, de ne parler que d’une religion parmi d’autres, un peu froidement, de manière plus ou moins clinique : il est impossible d’éviter la prise en compte d’événements récents, terribles, d’une ampleur inattendue, et de phénomènes liés à l’immigration qui viennent se mêler à une problématique déjà fortement chargée de connotations multiples… et pas toutes favorables ! Et —c’est une difficulté supplémentaire— il faut se livrer à cet exercice périlleux dans un contexte politique qui, dans la France dite laïque en tous cas, se voudrait artificiellement hostile par système à tout ce qui est ou pourrait sembler chrétien, jusqu’au vocabulaire inclus.
Parler de l’Islam, c’est donc parler d’une religion, mais aussi de bien plus que cela, en ces temps où un avatar absolutiste s’acharne à détruire tout ce qui peut l’être, y compris lui-même ! En fonction de quoi, si l’on veut comprendre la causalité et la finalité des problèmes qui se posent aujourd’hui à nous et au monde, un ”passage en revue” s’impose : bon nombre des crises que traversent nos sociétés et la planète entière ont là leurs racines, depuis les mouvements politiques jusqu’aux flux de populations, et des guerres jusqu’à la folie meurtrière absolue. Vraiment, “parler un peu de l’Islam” n’est pas un projet facile et j’aurai besoin d’indulgence parfois et de compréhension souvent. Mais on ne peut raisonnablement pas prétendre vouloir traverser cette decennie en faisant abstraction de ce sujet, des problèmes qu’il soulève et des questions qu’il pose.
Un mot personnel, tout à fait inhabituel dans ce Blog, mais justifié, me semble-t-il : je suis né et j’ai été élevé dans un pays musulman, j’ai une maîtrise de la langue arabe que l’on peut qualifier de ”bonne”, et je me suis intéressé à la civilisation arabe dès mon plus jeune âge (j’avais quatorze ans lorsque j’ai ”lu” le Coran pour la première fois) … J’ai malgré tout conscience d’être très loin de pouvoir en parler avec la même aisance que j’ai pour parler des branches du Christianisme. Mais je sais aussi que je suis plus compétent que la majorité des convertis de fraîche date, dont bon nombre ne parle même pas la langue sacrée du Prophète mais qui sont prêts à partir djihadiser, ou que ces “experts du 20 heures” qui ont pondu un chef d’œuvre-sic après dix ou quinze jours passés dans l’Oumma, la sphère de l’islam.
On peut regretter que la connaissance de l’Islam balance souvent entre imparfaite et fantasmagorique, mais c’est ainsi : pour de nombreux non-musulmans, l’Islam pourrait presque se résumer à d’immenses foules composées soit de candidats à l’émigration, soit de terroristes potentiels ou avérés mais fous, soit de barbus roussis au henné entourés de spectres noirs dans leurs tchadors inesthétiques et si peu pratiques… et le pire, c’est que c’est vrai, par certains côtés ! Il est donc devenu urgent de passer un peu de temps à réfléchir aux évolutions récentes et aux sens réels, ressentis, fantasmés, redoutés de ce mot… ou au contraire sur ce qui est une forme de discrimination raciale : une volonté systémique d’ignorer ou d’excuser par avance tout excès, toute attitude inacceptable, tout comportement déviant voire criminel de ceux qui disent se recommander de cette foi.
Cette méconnaissance de l’islam rend inévitables l’appel à un vocabulaire d’où toute subjectivité n’est pas exclue et à de nombreux présupposés politiques ou sociologiques qui vont bien au delà des limites admises lorsque l’on parle d’une religion : certains observateurs la décrivent “violente dans son essence et par ses objectifs”, d’autres ajoutant même : ”.. et dans son projet affiché”, ce qui est vrai aussi, vu sous certains angles. Mais d’autres, au même moment, ne veulent voir et percevoir qu’un amalgame de toutes les vertus christiques, refusant de comprendre le sens réel des textes qu’ils ont cru lire sans en avoir le mode d’emploi…
La problématique n’est pas facile à cerner, si l’on se limite à comparer des pratiques religieuses avec les évolutions prévisibles de notre futur proche, et leur possible adéquation avec la poursuite d’un mieux-être ici-bas (en attendant la félicité éternelle, qui se compose notamment, pour eux, de soixante-douze houris éternellement vierges, assorties d’autres aménités récompensant les ex-mérites sur terre de l’élu, ce qui explique sinon justifie une certaine fascination pour la mort).
Plusieurs ”billets’‘ seront donc nécessaires pour essayer de faire le tour de ce sujet qui est devenu fondamental pour l’équilibre de la planète, le devenir du monde, la douceur de vivre… et la sécurité de nos concitoyens. Mais on ne peut plus se permettre de faire l’impasse sur cette réflexion approfondie, hélas… (A suivre …)

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