
Pour vérifier cette affirmation, commençons par souligner que la droite et la gauche parlementaires ont des divergences minimes puisqu’elles adoptent ensemble 95 % des textes européens et que leurs mesures d’applications votées par les parlementaires français représentent 80% des lois françaises : la gauche et la droite parlementaires ont des casaques différentes mais courent pour la même écurie !
En fait, par où passe la séparation entre les idées dites de droite et de gauche ? Sont-elles différentes en ce qui concerne l’Europe et sa prééminence sur les politiques nationales, le mondialisme économique libéral et l’alignement sur la politique étrangère américaine, la déconstruction des valeurs traditionnelles de la famille et la mise en cause des lois naturelles régissant les rapports de l’homme avec la vie, l’immigrationisme économique ou tiers-mondiste, l’attrait pour l’abrutissement du prétendu citoyen par le tandem qui a toujours fait florès : du pain et des jeux ? En fait ces thèmes regroupent les droites et gauches parlementaires et les séparent de la droite nationale et de l’extrême gauche marxiste ou écologiste.
Nous savons aussi que l’organisation constitutionnelle des pouvoirs publics, à commencer par la désignation du président et des parlementaires, comme le contrôle du pouvoir médiatique sont aux mains des tenants de la gauche et de la droite du système, c’est-à-dire ceux qui tiennent les privilèges et accumulent les dividendes. Les mécontents ont beau être majoritaires, ils sont tenus à l’écart du pouvoir.
En fait, en prétendant que la gauche a perdu la bataille idéologique, on veut faire croire au bon peuple qui gronde et ronge son frein qu’il a été entendu pour ainsi le démobiliser et continuer à faire passer plus facilement la politique qui les oppresse et garder les places.
Mais jusqu’à quand ?
« Il n’y a pas de révolutions sans cause » comme disait Stendhal et des causes, il n’en manque pas ! Mais la principale, outre la difficulté de plus en plus grande de trouver sa place dans la société, peut se résumer dans le fait que les Français ne se sentent plus défendus et compris par leurs gouvernants qui, comme les aristocrates de la fin de l’Ancien Régime, ont accepté de gré ou de force, l’impuissance ou la trahison pour ne plus avoir qu’à profiter des avantages liés à leur charge, à leur poste.
Alors l’inégalité et les privilèges deviennent inéluctablement insupportables quand ils sont illégitimes et finissent mécaniquement par balayer les inutiles et les nuisibles, le mécontentement et les rancœurs s’accumulant dangereusement tels des gaz trop comprimés.
C’est seulement après cette explosion que l’on saura quelles sont les idées qui auront gagné, au prix malheureusement d’une révolution.
Pierre Lours anime le blog uneclefdeschamps.overblog.com
Il est l’auteur de La Révolution des silencieux, sur Lettropolis
