ISLAM IV / LES DYNAMIQUES EN PRÉSENCE

Même si la vie reprend le dessus, le monde entier continue de trembler de dégoût devant une sauvagerie primitive que nous pensions indigne de l’espèce humaine… alors que nous n’avons connaissance que des quelques cas qui touchent nos ressortissants. Mais des Irakiens, des Coptes, des chrétiens syriens, des chi’ites ou des sunnites à tour de rôle, des yazidis, subissent les mêmes traitements inhumains, mais à une échelle de centaines  – d’aucuns disent : de milliers… Quelle analyse, différente des ”salades” rabâchées quotidiennement par les cuistres qui ont le monopole de la parole, pourrait-on faire pour créer une autre dynamique ?

 Les pays non musulmans ont évolué vers des modèles de société qui tendaient à remplacer les anciennes valeurs réputées d’origine divine par des règles laïques qui, en fin de compte, ”déifiaient” des valeurs exclusivement humaines, tentative hasardeuse et extrêmement risquée de ”divinisation du refus de Dieu” ! Devant cet ”abandon de souveraineté” frôlant la non-assistance à civilisation en danger, surgit, une nouvelle fois dans l’histoire, une religion conquérante qui se manifeste de façon violente dans une volonté prosélyte affichée qui va jusqu’à multiplier les actes inexcusables, mais aussi dans une stratégie de mille petites revendications multidirectionnelles : le diable se cache dans les détails, dit le proverbe.

 Face à face terrible ! D’un côté, les vieilles nations européennes, qui ont tant souffert des effroyables pestes brune et rouge qui ont endeuillé leur XXe siècle et qui en sont sorties affaiblies, leur référentiel intellectuel, moral, religieux et culturel atteint dans ses fondements et n’étant donc plus assez fort pour leur servir de protection ou d’armes de défense.  Et de l’autre côté, une religion qui revient de l’ombre où ses propres négligences l’avaient laissé s’enfermer, et qui entend se venger par n’importe quel moyen : sous l’influence perverse des promoteurs d’une Histoire biaisée, faussée, revisitée, violée et détournée, on lui a fait croire qu’elle avait droit à une réparation ”en tant que religion” : c’est en effet ce que des prophètes de malheur, des analystes très mal intentionnés et des penseurs de gauche confits dans leur vision datant de siècles passés lui ont laissé entendre, pour son plus grand malheur… et pour le nôtre, n’en doutons pas !

 Le Dieu-Concept des religions ante-islamiques s’est laissé reléguer au second rang des préoccupations, avec la parole fameuse sur la séparation des pouvoirs entre Dieu et César,  phrase qui a ouvert un boulevard aux théoriciens d’un monde sans divinités autres que laïques, où César s’est précipité pour prendre le plus vite possible la place laissée toute chaude par ce Dieu qu’avec Nietzsche, ils auraient pu croire avoir tué… Sauf que un ”Allah-Concept” (si on me permet cette audace !) ne saurait accepter le même traitement, d’abord parce qu’il n’y a aucune place pour qu’un ”dieu-État” puisse se glisser dans le jeu des hommes, et ensuite parce que la séparation des pouvoirs n’est, en théorie, pas envisageable dans leur représentation des rapports entre le Créateur et sa Créature. Leur ”César” à eux, leur Khalifat Allah, ne peut être qu’un représentant de Dieu sur la Terre, descendant du Prophète, Commandeur des Croyants ou Mahdi Mountadar.

  Tant que le nombre des musulmans en France ou en Europe ne dépassait pas ce que les démographes désignaient par un ”seuil de tolérance”, généralement estimé à moins de 10 % d’une population entrante par rapport à une population existante, il s’agissait d’un phénomène d’insertion, surtout faite, pour l’arrivant, de l’obligation de respect strict des lois, règles, langages, us et coutumes du pays d’accueil, comme l’ont fait jusque là les générations d’immigrants arrivant chez nous, ce qui expliquait leur intégration le plus souvent excellente, y compris en ce qui concerne les populations musulmanes dont les strates les plus anciennes se sentent français au même titre que ces fameux ”souchiens” ou ”Gaulois” que leurs descendants vouent aux gémonies…  Car ce bel édifice a à peu près bien fonctionné jusqu’à la faute stratégique qu’a été ce que l’on a appelé ”le regroupement familial”, qui existait  depuis longtemps sans être nommé, mais qui a été légalisé sous Valéry Giscard d’Estaing. C’est à ce moment qu’a commencé le basculement vers une ”autre chose” qui, non voulue, non prévue, et non gérée a ouvert la porte aux dérives que nous déplorons aujourd’hui, qui n’auraient jamais dû se produire mais qui seront délicates à amender, car elles sont niées par beaucoup, ce qui rend toute issue harmonieuse impossible et toute solution introuvable,.

 La problématique à laquelle nous sommes confrontés de plus en plus violemment trouve là ses sources principales : (1)- l’impossibilité réelle de fusion d’un système dont les bases sont théocratiques avec un système réputé démocratique (la manière dont les politiciens actuels interprètent les règles de cette démocratie et ne les respectent ni ne les appliquent est un autre sujet, sur lequel nous reviendrons)…(2)- un taux d’immigration qui rend difficilement évitable une forme ou une autre de confrontation à venir…  (3)- le manque total de colonne vertébrale de nos élites (qui récoltent un mépris bien mérité), et l’incapacité apparente des sociétés anciennes à opposer une résistance structurée à la nouvelle idéologie …

 Peut-on encore éviter une évolution vers des oppositions frontales ?  Des drames immenses sont en préparation, et nous en voyons les premières manifestations horribles… Ils auraient pu et dû être évités, et tout n’est évidemment pas perdu. Mais comment fait-on pour guérir un mal que les médecins officiels (hommes politiques, journalistes, intellectuels et bobos mélangés) refusent de voir et dont ils interdisent même que l’on parle, allant jusqu’à insulter ceux qui le font ?                 (A suivre…)

FRANCE, AGIR OU PÉRIR ?

FRANCE, AGIR OU PÉRIR ?

Cet article est dans la catégorie 2 La littérature s'interroge, Lettropolis transmet. Disponible sous permalien.

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