Quelques critères simples permettent de définir une religion :
(1) À la base, il faut une idée, un principe, provenant d’un homme ou d’une révélation.
(2) Ensuite, une croyance construite, appelée souvent : une foi…
(3) Et enfin, l’existence de pratiques identifiables, désignées par : le rite…
(4) Accessoirement, une forme ou une autre de “clergé”, hiérarchisé ou non. En résumé : “Je crois en… je crois à… je crois parce que… je crois grâce à…”
Chaque fois que l’une ou l’autre religion voit son territoire se réduire, d’autres, déjà présentes ou nouvelles venues, tendent à prendre la place ainsi laissée vacante. En France, par exemple, on trouve un OVNI étonnant : la République-Concept, devenue un mythe fondateur apparemment insurpassable. N’avez-vous jamais eu envie d’éclater de rire, à chaque discours officiel, lorsque la conclusion sempiternelle tombe, componctueuse et se voulant mystique : “Vive la République ! Vive la France !”, dans cet ordre immuable, comme si la première citée courait le moindre danger, et comme si la seconde lui était subordonnée, alors que c’est elle qui semble être menacée de toute part !
Mais avez-vous jamais entendu les Italiens, les Allemands, les Baltes, les Slaves défendre religieusement leurs institutions républicaines (pas plus solidement installées que les nôtres) ? Imagine-t-on les Espagnols, les Scandinaves, les Anglais ou les Belges, ou d’autres, conclure tous leurs discours officiels par un péremptoire “Vive la Royauté” ? Le monde entier mourrait de rire, et nous les tous premiers !
Mais nous, nous sommes habitués à un point tel à cette clause de style que n’entendons même plus le ridicule de cette inutile conclusion psittacisée à chaque occasion !
Sur le modèle des mots comme “intègre” devenant “intégrisme” lorsqu’il verse dans l’excès, “Islam” qui devient “islamisme” dans les mêmes conditions, le mot “républicain” doit rejoindre sa caricature, le “républicanisme”, religion identifiable comme telle par trois des quatre critères énoncés ci-dessus. Décidément, l’Homme ne peut pas vivre sans une forme d’appel vers le divin, vers la “divinité”.
Il fut un temps où tout cela prêtait à rire… Notre présent rend cette situation extrêmement grave, puisque c’est notre liberté qui est en train de se voir remise en cause : après que le concept “République” eut fait un véritable hold-up sur la réalité “France”, le credo (sic !) de nos maîtres-à-penser-de-traviole prétend ne garder que la seule “Égalité” (mâtinée de “tolérance mal comprise”) parmi les valeurs dites républicaines gravées sur les frontons de nos édifices publics. La Fraternité ? Passe encore : il y a si longtemps que personne ne pense plus à elle… Mais la Liberté à laquelle nous nous disions si attachés ? À force de contre-vérités et de prêchi-prêcha à connotations faussement racistes et franchement liberticides invoquées par un régime au bord de l’asphyxie, il faudra bientôt nous demander comment arrêter ces dérives mortifères pour, très vite, faire machine arrière ! Que Dieu nous aide, à ce moment-là !
