{"id":3510,"date":"2016-06-15T14:25:10","date_gmt":"2016-06-15T14:25:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/?p=3510"},"modified":"2016-06-15T14:30:16","modified_gmt":"2016-06-15T14:30:16","slug":"karlygach","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/","title":{"rendered":"KARLYGACH ou L&#8217;HOSPITALIT\u00c9 KAZAKHE, par REN\u00c9 CAGNAT"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" title=\"La rumeur des steppes \" src=\"http:\/\/www.payot-rivages.net\/couvertures\/bassedef\/9782228907385.jpg\" alt=\"La rumeur des steppes \" width=\"230px\" \/><\/p>\n<h1 style=\"text-align: justify;\">Karlygach\u00a0<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> ou l\u2019hospitalit\u00e9 Kazakhe, par Ren\u00e9 Cagnat.<\/h1>\n<p>Nouvelle extraite du<a href=\"http:\/\/www.lemondedelartetdeslettres.com\"> Monde des arts et des lettres<\/a> n\u00b0 60-2016-1<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les ann\u00e9es 1990, juste apr\u00e8s la chute de l\u2019URSS, j\u2019ai eu la chance de servir en ambassade en Asie centrale. Je me suis vite aper\u00e7u que cette vaste contr\u00e9e \u00e9tait souvent devenue, apr\u00e8s 70 ans d\u2019Union sovi\u00e9tique, une <em>terra incognita<\/em> et qu\u2019il fallait y mener une v\u00e9ritable exploration. Ainsi fis-je, de l\u2019Aral au Pamir, avec un merveilleux 4 x 4 Toyota qui me permettait de me faufiler partout entre dunes de sable ou cong\u00e8res\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce fut une p\u00e9riode extraordinaire \u00e0 vivre, en particulier par mes rencontres\u00a0: la population avait gard\u00e9, malgr\u00e9 les \u00e9preuves, sa fra\u00eecheur et sa gentillesse d\u2019antan, telles que les rapporte par exemple Ella Maillart. Je connus ainsi toutes sortes d\u2019aventures d\u00e9crites notamment dans <em>La Rumeur des steppes<\/em>\u00a0<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le pays centre-asiatique qui, alors, me fascina le plus fut le Kazakhstan. J\u2019aimais ses steppes argent\u00e9es, ses cavaliers inlassables, ses femmes s\u00e9duisantes, mais surtout l\u2019\u00e9quip\u00e9e que repr\u00e9sentait, en ce temps, toute travers\u00e9e de ce pays de Mille et une Nuits. La mis\u00e8re y \u00e9tant extr\u00eame, les populations, pour survivre, en particulier chez les nomades, pratiquaient \u00e0 nouveau le brigandage, ce qui pimentait le franchissement de certaines r\u00e9gions. J\u2019avais sous mon si\u00e8ge un magnifique colt Makarov et il m\u2019arriva, une fois, de tirer en l\u2019air, le bras hors de la porti\u00e8re, pour d\u00e9courager les cavaliers qui, sur une mauvaise piste, rattrapaient mon v\u00e9hicule\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais, maintenant, je ne vais pas raconter ces \u00ab\u00a0campagnes\u00a0\u00bb qui, de toute fa\u00e7on, ne correspondent plus au Kazakhstan actuel\u00a0: en vingt ans, il est devenu un pays stable, prosp\u00e8re, presque accueillant. Je vais seulement vous conter, ce soir, un \u00e9pisode secret que j\u2019ai gard\u00e9 bien au chaud au fond de mon c\u0153ur. Je le r\u00e9v\u00e8le aujourd\u2019hui tant, \u00e0 mon avis, il \u00e9voque l\u2019hospitalit\u00e9 et, en m\u00eame temps, l\u2019honneur et la dignit\u00e9 du peuple kazakh.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par un beau jour d\u2019automne, au volant de ma ch\u00e8re Toyota (la coquille du colima\u00e7on \u2026), je rentrais d\u2019une exp\u00e9dition dans l\u2019Aral o\u00f9 des soucis administratifs avaient retard\u00e9 mon d\u00e9part. Je savais que je ne pourrais atteindre, le soir, Kzyl Orda o\u00f9 m\u2019attendaient le confort relatif, mais surtout la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019une auberge. Comme j\u2019y \u00e9tais accoutum\u00e9, je me mis \u00e0 chercher, deux heures avant la tomb\u00e9e de la nuit, un refuge s\u00fbr, loin des brigands, dans ce d\u00e9sert immense du Kyzylkoum\u00a0<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. J\u2019avisai sur la droite, presque \u00e0 l\u2019horizon, une zone collinaire. Un chemin \u00e0 peine trac\u00e9 semblait y mener. En le suivant, j\u2019ai serpent\u00e9, sur une dizaine de kilom\u00e8tres, au travers de bosquets \u00e9pars de saxaouls. Une fois les collines atteintes, tout changea. Je suivis entre elles un vallon presque verdoyant : les premi\u00e8res pluies automnales avaient revigor\u00e9 une v\u00e9g\u00e9tation d\u2019arbustes, presque un maquis. \u00ab\u00a0Nous aurons un bivouac agreste\u00a0\u00bb, ai-je pens\u00e9. \u00c0 peine cette id\u00e9e me traversa-t-elle l\u2019esprit que je vis monter une fum\u00e9e au-dessus de la plaine qui s\u2019ouvrait devant moi de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des collines. J\u2019arr\u00eate le moteur. Coup de jumelles. Je discerne dans une clairi\u00e8re une jolie yourte kazakhe en feutre parcouru de motifs traditionnels\u00a0; autour, quelques ch\u00e8vres, deux vaches et des moutons. C\u2019\u00e9tait paisible \u00e0 souhait\u00a0: je d\u00e9cidai de demander l\u2019hospitalit\u00e9 au ma\u00eetre de c\u00e9ans, ce qui revenait \u00e0 me mettre sous sa protection.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour n\u2019inqui\u00e9ter personne, j\u2019arr\u00eatai ma jeep \u00e0 bonne distance et me rendis \u00e0 pied vers le campement, le colt dans la poche quand m\u00eame. Tout, \u00e0 l\u2019entour, respirait l\u2019ordre et la propret\u00e9\u00a0: un beau <em>zha\u00efloo<\/em>\u00a0<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>, bien entretenu\u00a0! Arriv\u00e9 pr\u00e8s de la yourte que dorait la lumi\u00e8re du soir, j\u2019entendis \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des voix d\u2019enfants. Je m\u2019arr\u00eatai devant l\u2019entr\u00e9e recouverte par une superbe tenture portant un dessin ancestral\u00a0: peut-\u00eatre le <em>tamga<\/em> <a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a> du clan local.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>Pozhalouista<\/em>, <a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a> dis-je en russe \u00e0 haute et intelligible voix. Dans la yourte les conversations cess\u00e8rent. Une main souleva un c\u00f4t\u00e9 de la tenture et une Kazakhe apparut avec un air surpris qui la rendait encore plus belle. Elle \u00e9tait assez grande, bien proportionn\u00e9e avec un visage ambr\u00e9 o\u00f9, comme l\u2019eau au confluent de rivi\u00e8res, l\u2019ind\u00e9finissable finesse asiatique se m\u00ealait ou se juxtaposait de ci de l\u00e0 \u00e0 la r\u00e9gularit\u00e9 presque grecque des traits touraniens. La trentaine, peut-\u00eatre\u2026 Sous la paupi\u00e8re \u00e9tir\u00e9e le regard \u00e9tait sombre, intense. Le chignon ramenant les cheveux en arri\u00e8re d\u00e9notait une superbe chevelure \u00ab\u00a0aile de corbeau\u00a0\u00bb. Sa mise tr\u00e8s simple de ma\u00eetresse de <em>zha\u00efloo<\/em> \u00e9tait d\u2019une nettet\u00e9 m\u00e9ticuleuse. Deux petites filles, blondinettes dans les cinq ans-trois ans, se serraient contre elle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aussi \u00e9tonn\u00e9 que ces charmantes personnes, je perdis un peu contenance\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>Gospozha<\/em>, Madame \u2013 dis-je en russe comme si je m\u2019adressais \u00e0 une comtesse \u2013 je viens demander \u00e0 votre mari l\u2019hospitalit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Gospodine<\/em>, Monsieur, r\u00e9pondit-elle sur le m\u00eame ton, mon mari ram\u00e8ne ses troupeaux \u00e0 soixante kilom\u00e8tres d\u2019ici et sera chez nous dans deux jours. Je crois deviner que vous \u00eates \u00e9tranger\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parfaitement, je suis fran\u00e7ais\u2026\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une intense stup\u00e9faction marqua son visage. Apr\u00e8s un long silence, elle r\u00e9pondit dans un fran\u00e7ais tr\u00e8s h\u00e9sitant, d\u00e9suet mais correct\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Pardonnez mon \u00e9moi, Monsieur\u00a0: vous \u00eates le premier Fran\u00e7ais dont je fais connaissance. C\u2019est comme si vous tombiez du ciel\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019\u00e9tait \u00e0 mon tour d\u2019\u00eatre abasourdi\u00a0: ici, en plein Kyzylkoum une telle rencontre\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais je me repris\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Si votre mari est absent et si vous \u00eates seule, je ne peux rester ici\u00a0: je vais continuer mon chemin\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma r\u00e9ponse sembla l\u2019atterrer. Elle regarda vers le sol, r\u00e9fl\u00e9chit, puis, tout \u00e0 trac, me fixant droit dans les yeux\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Non, je dois vous recevoir en tout bien tout honneur. Il serait dangereux que vous continuiez. Le pays n\u2019est pas s\u00fbr. Ici, m\u00eame en l\u2019absence de mon \u00e9poux Sayan\u00a0<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>, vous serez sous sa protection car tout le monde le conna\u00eet, le respecte et le redoute\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entrez\u00a0! dit-elle, en \u00e9cartant la tenture. Je m\u2019appelle Karlygach\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m\u2019ex\u00e9cutai en prenant bien soin de p\u00e9n\u00e9trer dans la yourte du pied droit\u00a0<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a> et en pensant que je m\u2019engageais dans une bien sombre affaire\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019int\u00e9rieur de la yourte \u00e9tait tr\u00e8s pauvre\u00a0: il y avait tout juste ce qu\u2019il fallait de <em>djer-teucheuk<\/em> <a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a> pour supporter cet automne un peu frisquet. Karlygach pr\u00e9para le th\u00e9 tout en m\u2019expliquant sa situation. Apr\u00e8s de bonnes \u00e9tudes litt\u00e9raires \u00e0 Almaty, elle \u00e9tait devenue professeur de russe et de fran\u00e7ais dans un coll\u00e8ge de Tchimkent. Elle y fit la connaissance de son futur mari, jeune fonctionnaire plein d\u2019avenir. Ils se mari\u00e8rent juste quand l\u2019effondrement de l\u2019URSS et la crise survinrent. Sayan avait perdu son poste et le salaire de sa femme ne pouvait suffire pour subvenir \u00e0 leurs besoins\u00a0: il d\u00e9cida donc de rejoindre son clan dans le Kyzylkoum et de s\u2019y adonner \u00e0 l\u2019\u00e9levage. Ni Karlygach, ni Sayan n\u2019avaient perdu le contact des leurs et, avec le soutien familial, s\u2019adapt\u00e8rent vite. Sayan, excellent cavalier, de belle lign\u00e9e, s\u2019imposa ais\u00e9ment, devenant une sorte de chef local. Ici, c\u2019\u00e9tait son coin de d\u00e9sert. Il y nomadisait avec ses troupeaux \u00e0 partir d\u2019un village situ\u00e9 \u00ab\u00a0tout pr\u00e8s\u00a0\u00bb \u00e0 cinquante kilom\u00e8tres. Il aurait \u00e0 y retourner pour l\u2019hiver. Les affaires allaient mieux, mais ils connaissaient encore une certaine g\u00eane.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Karlygach avait donc d\u00fb abandonner son enseignement et ses \u00e9tudes universitaires en fran\u00e7ais. Mais elle avait gard\u00e9 ses livres et ceux d\u2019une biblioth\u00e8que d\u00e9saffect\u00e9e. Elle me montra les quelques romans qu\u2019elle avait emport\u00e9s\u00a0ce printemps avant la transhumance. Il s\u2019agissait d\u2019\u00e9ditions sovi\u00e9tiques en fran\u00e7ais d\u2019auteurs bien vus par les communistes\u00a0: Flaubert, Barbusse et surtout Romain Rolland qu\u2019elle semblait affectionner et dont elle lisait pr\u00e9sentement le r\u00e9cit <em>Colas Breugnon<\/em>. Mon lointain cousinage avec cet homme de lettres l\u2019impressionna beaucoup\u00a0; je lui montrai la page de son livre o\u00f9 l\u2019auteur traite gentiment le menuisier Cagnat d\u2019\u00ab\u00a0avale-tout-cru\u00a0\u00bb\u2026 Tout ceci sous la yourte sur les franges du Kyzylkoum\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je partageai leur maigre repas de laitages et de c\u00e9r\u00e9ales\u00a0: les enfants comme leur Maman semblaient parfaitement en profiter. Je m\u2019aper\u00e7us que la fille a\u00een\u00e9e comprenait d\u00e9j\u00e0 quelques mots de fran\u00e7ais\u00a0! Puis Karlygach, \u00e0 la nuit tombante, sous les premi\u00e8res \u00e9toiles, me conduisit vers l\u2019emplacement de bivouac qu\u2019elle m\u2019avait choisi \u00e0 500 m\u00e8tres de la yourte \u00ab\u00a0pour respecter les convenances\u00a0\u00bb. Il dominait la plaine o\u00f9, ce soir, me dit-elle, il devrait y avoir un \u00ab\u00a0feu d\u2019artifice\u00a0\u00bb r\u00e9sultant du d\u00e9part d\u2019une fus\u00e9e \u00e0 Ba\u00efkonour \u00e0 une centaine de kilom\u00e8tres de l\u00e0. \u00ab\u00a0Si vous me promettez de vous conduire en gentleman, je vous tiendrai compagnie ici pour y assister\u00a0\u00bb. J\u2019acquies\u00e7ai d\u2019un hochement de t\u00eate\u2026 \u00e0 grand regret\u00a0! Et elle partit s\u2019occuper des enfants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle revint alors que, dans le ciel, des myriades d\u2019\u00e9toiles chassaient l\u2019obscurit\u00e9 et s\u2019assit sans fa\u00e7on \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi. Comme il faisait un peu frais je lui mis sur les \u00e9paules mon blouson. Mon bras resta autour de ses \u00e9paules\u2026 J\u2019esp\u00e9rais qu\u2019elle se serrerait un peu contre moi pour se tenir au chaud. Il n\u2019en fut rien\u00a0! Elle resta bien droite, de marbre\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le feu d\u2019artifice se faisant attendre, nous parl\u00e2mes\u2026 litt\u00e9rature\u00a0! Comme elle lisait <em>Le Feu<\/em> de Barbusse, j\u2019\u00e9voquais, non sans malice, ce chapitre o\u00f9 le h\u00e9ros du r\u00e9cit, retard\u00e9 par de terribles temp\u00eates de neige, n\u2019a plus qu\u2019une nuit de permission \u00e0 passer chez lui aupr\u00e8s de sa jeune \u00e9pouse. Sur le chemin de sa ferme isol\u00e9e dans la campagne, il rencontre, dans la bourrasque, deux autres \u00ab\u00a0poilus\u00a0\u00bb, tremp\u00e9s, transis comme lui. Pas question, dans ces conditions, de les abandonner. Arriv\u00e9 devant sa maison, il les invite \u00e0 passer la nuit sachant pourtant qu\u2019il ne dispose, l\u2019hiver, que d\u2019une seule pi\u00e8ce chauff\u00e9e. Le mauvais temps oblige les camarades \u00e0 accepter. Ils se r\u00e9chauffent, se restaurent et veulent partir par respect pour le jeune couple. Mais la temp\u00eate a redoubl\u00e9. On leur demande de rester, ce qu\u2019ils sont bien oblig\u00e9s de faire et dorment dans un coin de la salle commune. Au matin les trois \u00ab\u00a0poilus\u00a0\u00bb repartent pour le front dont ils ne reviendront pas\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je demandais \u00e0 Karlygach ce qu\u2019elle en pensait\u00a0: \u00ab\u00a0le devoir d\u2019hospitalit\u00e9 est sacr\u00e9\u00a0\u00bb fut sa seule r\u00e9ponse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous ne parl\u00e2mes jamais de Sayan qui reste pour moi une \u00e9nigme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Finalement le tir de la fus\u00e9e embrasa l\u2019horizon vers le nord d\u2019un immense flash, la lueur montant dans le ciel avec des reflets orange-jaune persistants\u00a0: impression d\u2019aurore bor\u00e9ale d\u00e9multipliant l\u2019espace gris\u00e2tre qu\u2019elle r\u00e9v\u00e9lait \u00e0 nos pieds. Nous n\u2019\u00e9tions plus sur Terre mais quelque part sur un astre en proie aux myst\u00e8res cosmiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La chute n\u2019en fut que plus dure lorsque Karlygach se leva\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Demain, vous devrez partir aux aurores car, il se peut, j\u2019aurai des visites\u2026Bien s\u00fbr, je parlerai \u00e0 Sayan de votre passage\u00a0: il approuvera mon hospitalit\u00e9 qui correspond aux usages. Mais j\u2019aime autant qu\u2019il y ait le moins de t\u00e9moignages possibles\u00a0: mon homme est tellement impr\u00e9visible\u00a0!\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je la raccompagnai jusqu\u2019\u00e0 l\u2019entr\u00e9e de son logis et, jusqu\u2019au bout fid\u00e8le \u00e0 l\u2019image de \u00ab\u00a0gentleman\u00a0\u00bb qu\u2019elle m\u2019avait impos\u00e9e, je lui fis le baise-main\u00a0: le seul contact que j\u2019eus d\u2019elle\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l\u2019aube, elle \u00e9tait devant sa yourte pour mon d\u00e9part\u00a0: impeccable, bien coiff\u00e9e, impassible. Elle me donna un petit paquet\u00a0: des provisions pour la journ\u00e9e. Je lui offris <em>Le Grand Meaulnes<\/em>\u00a0<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a> que j\u2019avais choisi pour cette exp\u00e9dition comme compagnon de route.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Adieu, Ren\u00e9 \u2013 me dit-elle, d\u2019une voix un peu s\u00e8che\u00a0\u2013. Il vaudra mieux ne jamais se revoir \u00bb\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je m\u2019inclinai et m\u2019en fus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je la vis une derni\u00e8re fois dans mon r\u00e9troviseur\u00a0: elle \u00e9tait toujours pr\u00e8s de sa yourte et, je crois, essuya une larme\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0, tout est dit\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis-je revenir, Karlygach\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> <strong>Ren\u00e9 Cagnat, 1<sup>er<\/sup>&#8211; 4 f\u00e9vrier 2015. <\/strong>Cette nouvelle est parue en novembre 2015 en russe et en fran\u00e7ais dans la revue kazakhe <em>Kopir<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> R\u00e9\u00e9dit\u00e9e en 2012 aux \u00e9ditions Payot-Rivage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Sable rouge en turc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Campement d\u2019\u00e9t\u00e9 en kazakh et kyrgyz.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Le signe, le sceau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> S\u2019il vous pla\u00eet, en russe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Nom masculin kazakh signifiant croc, canine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Entrer du pied gauche est une offense et porte malheur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Couverture matelass\u00e9e de soie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Roman po\u00e9tique d\u2019Alain-Fournier (1913).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KARLYGACH est une nouvelle de Ren\u00e9 Cagnat, \u00e9minent sp\u00e9cialiste de l&#8217;Asie centrale et auteur entre autres de La Rumeur des steppes.<br \/>\nCette nouvelle nous est transmise par  <a class=\"more-link\" href=\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/\">Suite <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_s2mail":"yes","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[23,30],"tags":[],"class_list":["post-3510","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-r2","category-r21"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.6 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>KARLYGACH ou L&#039;HOSPITALIT\u00c9 KAZAKHE, par REN\u00c9 CAGNAT - Lettropolis<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"Karlygach de Ren\u00e9 Cagnat. Nouvelle transmise par Jean-Bernard Cahours d&#039;Aspry et sa revue, Le Monde de l&#039;art et des lettres, pour la faire partager\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"KARLYGACH ou L&#039;HOSPITALIT\u00c9 KAZAKHE, par REN\u00c9 CAGNAT - Lettropolis\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Karlygach de Ren\u00e9 Cagnat. Nouvelle transmise par Jean-Bernard Cahours d&#039;Aspry et sa revue, Le Monde de l&#039;art et des lettres, pour la faire partager\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Lettropolis\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2016-06-15T14:25:10+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2016-06-15T14:30:16+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"http:\/\/www.payot-rivages.net\/couvertures\/bassedef\/9782228907385.jpg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"PF GHISONI\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"PF GHISONI\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"11 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/\",\"url\":\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/\",\"name\":\"KARLYGACH ou L'HOSPITALIT\u00c9 KAZAKHE, par REN\u00c9 CAGNAT - Lettropolis\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"http:\/\/www.payot-rivages.net\/couvertures\/bassedef\/9782228907385.jpg\",\"datePublished\":\"2016-06-15T14:25:10+00:00\",\"dateModified\":\"2016-06-15T14:30:16+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/#\/schema\/person\/c435c1f06cff91488ebfe1b3c01b6d5c\"},\"description\":\"Karlygach de Ren\u00e9 Cagnat. Nouvelle transmise par Jean-Bernard Cahours d'Aspry et sa revue, Le Monde de l'art et des lettres, pour la faire partager\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/#primaryimage\",\"url\":\"http:\/\/www.payot-rivages.net\/couvertures\/bassedef\/9782228907385.jpg\",\"contentUrl\":\"http:\/\/www.payot-rivages.net\/couvertures\/bassedef\/9782228907385.jpg\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"KARLYGACH ou L&#8217;HOSPITALIT\u00c9 KAZAKHE, par REN\u00c9 CAGNAT\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/\",\"name\":\"Lettropolis\",\"description\":\"La promotion globale de l&#039;internet litt\u00e9raire\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/#\/schema\/person\/c435c1f06cff91488ebfe1b3c01b6d5c\",\"name\":\"PF GHISONI\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/#\/schema\/person\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/abf62349e0235351f25dc24b59f7804e25dd3d03ec57233ca3b7c2c0040da680?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/abf62349e0235351f25dc24b59f7804e25dd3d03ec57233ca3b7c2c0040da680?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"PF GHISONI\"},\"sameAs\":[\"http:\/\/www.lettropolis.fr\"],\"url\":\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/author\/pf-ghisoni\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"KARLYGACH ou L'HOSPITALIT\u00c9 KAZAKHE, par REN\u00c9 CAGNAT - Lettropolis","description":"Karlygach de Ren\u00e9 Cagnat. Nouvelle transmise par Jean-Bernard Cahours d'Aspry et sa revue, Le Monde de l'art et des lettres, pour la faire partager","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"KARLYGACH ou L'HOSPITALIT\u00c9 KAZAKHE, par REN\u00c9 CAGNAT - Lettropolis","og_description":"Karlygach de Ren\u00e9 Cagnat. Nouvelle transmise par Jean-Bernard Cahours d'Aspry et sa revue, Le Monde de l'art et des lettres, pour la faire partager","og_url":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/","og_site_name":"Lettropolis","article_published_time":"2016-06-15T14:25:10+00:00","article_modified_time":"2016-06-15T14:30:16+00:00","og_image":[{"url":"http:\/\/www.payot-rivages.net\/couvertures\/bassedef\/9782228907385.jpg","type":"","width":"","height":""}],"author":"PF GHISONI","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"PF GHISONI","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"11 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/","url":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/","name":"KARLYGACH ou L'HOSPITALIT\u00c9 KAZAKHE, par REN\u00c9 CAGNAT - Lettropolis","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/#primaryimage"},"image":{"@id":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"http:\/\/www.payot-rivages.net\/couvertures\/bassedef\/9782228907385.jpg","datePublished":"2016-06-15T14:25:10+00:00","dateModified":"2016-06-15T14:30:16+00:00","author":{"@id":"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/#\/schema\/person\/c435c1f06cff91488ebfe1b3c01b6d5c"},"description":"Karlygach de Ren\u00e9 Cagnat. Nouvelle transmise par Jean-Bernard Cahours d'Aspry et sa revue, Le Monde de l'art et des lettres, pour la faire partager","breadcrumb":{"@id":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/#primaryimage","url":"http:\/\/www.payot-rivages.net\/couvertures\/bassedef\/9782228907385.jpg","contentUrl":"http:\/\/www.payot-rivages.net\/couvertures\/bassedef\/9782228907385.jpg"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/06\/15\/karlygach\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"KARLYGACH ou L&#8217;HOSPITALIT\u00c9 KAZAKHE, par REN\u00c9 CAGNAT"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/#website","url":"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/","name":"Lettropolis","description":"La promotion globale de l&#039;internet litt\u00e9raire","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/#\/schema\/person\/c435c1f06cff91488ebfe1b3c01b6d5c","name":"PF GHISONI","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/#\/schema\/person\/image\/","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/abf62349e0235351f25dc24b59f7804e25dd3d03ec57233ca3b7c2c0040da680?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/abf62349e0235351f25dc24b59f7804e25dd3d03ec57233ca3b7c2c0040da680?s=96&d=mm&r=g","caption":"PF GHISONI"},"sameAs":["http:\/\/www.lettropolis.fr"],"url":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/author\/pf-ghisoni\/"}]}},"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3510","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3510"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3510\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3517,"href":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3510\/revisions\/3517"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3510"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3510"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3510"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}