{"id":35,"date":"2010-06-04T13:26:42","date_gmt":"2010-06-04T13:26:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/?p=35"},"modified":"2011-12-18T16:08:12","modified_gmt":"2011-12-18T16:08:12","slug":"atala-la-vingtieme-publication","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2010\/06\/04\/atala-la-vingtieme-publication\/","title":{"rendered":"ATALA : LA VINGTIEME PUBLICATION"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Catalogue\/Fiche.php?ID_Olni=24\" target=\"_self\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/img.over-blog.com\/198x300\/1\/35\/83\/04\/24CO.jpg\" alt=\"24CO.jpg\" width=\"232\" height=\"351\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: x-large;\">LETTROPOLIS a la fiert\u00e9 de pr\u00e9senter sa vingti\u00e8me publication. Il s&#8217;agit d&#8217;ATALA de Chateaubriand. Ce texte qui parut en 1801 connut une fortune littt\u00e9raire immense. Ses nombreuses \u00e9ditions en font preuve, les unes authentiques, les autres &#8220;pirates&#8221; que Chateaubriand \u00e9voque dans le post-scriptum de l&#8217;Avis sur la troisi\u00e8me \u00c9dition.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: x-large;\">Je souligne ce fait avec un certain sourire, car, que n&#8217;entend-on pas au sujet du risque de piratage des textes sur le &#8220;net&#8221;! Par moments j&#8217;ai l&#8217;impression que Barbe-Noire, les Fr\u00e8res de la C\u00f4te, et autres flibustiers ont attendu le num\u00e9rique pour naviguer, et que l&#8217;\u00e9dition, les \u0153uvres d&#8217;art n&#8217;ont jamais connu de contrefa\u00e7on avant nous. Je ne prolongerai pas ici le d\u00e9bat, mais je suis content d&#8217;y amener cette pi\u00e8ce qui m\u00e9rite r\u00e9flexion.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: x-large;\">Revenons \u00e0 Atala. Cette publication nous a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9e par Pascal Fargeas-Chartier, l&#8217;auteur de Mamina, ce &#8220;roman-perle&#8221;, dont j&#8217;ai d\u00e9j\u00e0 dit tout le bien qu&#8217;il m\u00e9rite, et peut-\u00eatre pas encore assez, et que nous sommes heureux d&#8217;avoir accept\u00e9 \u00e0 LETTROPOLIS. Ainsi nous pratiquons le partage de la litt\u00e9rature et la d\u00e9couverte entre auteurs contemporains et grands anc\u00eatres, pour le plus grand plaisir des lecteurs.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: x-large;\">Dans le cadre de notre introduction \u00e9ditoriale, Pascal Fargeas-Chartier insiste sur l&#8217;affirmation du romantisme, qui survit en nous quoi que nous en disions, quoi que nous nous en d\u00e9fendions.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: x-large;\">Il est possible que certains lecteurs soient d\u00e9contenanc\u00e9s, ayant perdu l&#8217;habitude de ces flots d&#8217;images et de sentiments, marque de fabrique du romantisme, dont Chateaubriand fut peut-\u00eatre le p\u00e8re. Mais qui s&#8217;en tiendrait \u00e0 cette vue partielle, bien que fondamentale, manquerait la vie profonde de ce roman. C&#8217;est une raison suppl\u00e9mentaire pour l&#8217;avoir \u00e9dit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: x-large;\">Il faut remettre ce texte dans son contexte historique. Ce si\u00e8cle allait avoir deux ans (pour parodier un autre g\u00e9nie de notre littt\u00e9rature). Les orages politiques du pr\u00e9c\u00e9dent en pr\u00e9paraient d&#8217;autres, et parmi les conflits en cours, une sorte de tr\u00e8ve semblait s&#8217;annoncer, tout sp\u00e9cialement, dans le domaine de la religion, puisque se pr\u00e9parait le concordat. Mais une tr\u00e8ve, si incertaine soit-elle, n\u00e9cessite un retour \u00e0 la puret\u00e9 des sources, en m\u00eame temps qu&#8217;un \u00e9lagage des comportements exacerb\u00e9s et des emballements des n\u00e9ophytes et convertis de fra\u00eeche date.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: x-large;\">En parall\u00e8le, il fallait poser quelques pierres bien \u00e9quilibr\u00e9es pour la reconstruction de la Cit\u00e9, et l&#8217;on sait que la tentation avait \u00e9t\u00e9 grande, Rousseau aidant, de la faire s&#8217;\u00e9touffer sous la pression des lianes et de la nature magnifi\u00e9e \u00e0 l&#8217;extr\u00eame. Une autre pression &#8220;philosophale&#8221; avait vant\u00e9 les m\u00e9rites d&#8217;une \u00e9ducation par le progr\u00e8s de la raison, pouss\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 la d\u00e9ification. Le r\u00e9sultat, le moins qu&#8217;on puisse en dire, lassait les esp\u00e9rances. Chateaubriand avait pay\u00e9 pour voir, pour comprendre, pour sentir, et se trouva, par la force des choses, amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper la puissance de son g\u00e9nie dans ces tr\u00e9pidations de l&#8217;Histoire. Atala en naquit, quelque peu &#8220;accouch\u00e9e au forceps&#8221; entre les Natchez, Ren\u00e9, l&#8217;Essai sur les R\u00e9volutions, le G\u00e9nie du Christianisme.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: x-large;\">C&#8217;est la raison pour laquelle il faut lire ce texte entre les lianes, voir au-del\u00e0 des arbres qui cachent d&#8217;autres for\u00eats, et ne pas confondre Atala avec Virginie, si sympathique que puisse \u00eatre le brave Bernardin de Saint-Pierre. Les exc\u00e8s de pudeur de l&#8217;une ne sont en rien comparable \u00e0 ceux de la morale de l&#8217;autre. La luxuriance de la nature dans laquelle se d\u00e9placent ces deux cr\u00e9atures, ne doit pas faire oublier que le destin tragique de Virginie d\u00e9pend du naufrage \u00e9ventuel d&#8217;un vaisseau, alors que celui d&#8217;Atala, est scell\u00e9, d\u00e8s que la prison dans laquelle le v\u0153u st\u00e9rilisant de sa m\u00e8re l&#8217;a enferm\u00e9e est secou\u00e9e par le moteur f\u00e9condant de l&#8217;amour.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: x-large;\">Par ailleurs, l&#8217;image de la Cit\u00e9 vient en toile de fond, pour peu que l&#8217;on r\u00e9fl\u00e9chisse aux p\u00e9rils que repr\u00e9sentent les chasseurs, et \u00e0 la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 s\u00e9curisante des laboureurs, sous l&#8217;\u00e9gide du p\u00e8re Aubry. Dans cette communaut\u00e9, la nature et les hommes ont trouv\u00e9 leur \u00e9quilibre, mais peut-\u00eatre se sont-ils laiss\u00e9 aller \u00e0 la tranquillit\u00e9 d\u00e9sarmante, parce que ni les &#8220;bons sauvages&#8221; ni les &#8220;civilis\u00e9s de progr\u00e8s&#8221; n&#8217;\u00e9chappent aux passions, ou au moins aux retomb\u00e9es sociales des luttes pour la conqu\u00eate des biens de ce monde ou d&#8217;un autre. Il serait m\u00eame possible que des passions plus funestes encore, car plus intimes, soient \u00e0 l&#8217;\u0153uvre sous ces masques sociaux qui permettent toutes les justifications \u00e0 l&#8217;usage des cervelles courtes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: x-large;\">Il n&#8217;est d&#8217;ailleurs pas anodin que le passage des mondes entre communaut\u00e9s, ou m\u00eame le passage de l&#8217;\u00e9pilogue, se fasse toujours aupr\u00e8s d&#8217;un enfant mort dont le voyageur s&#8217;attache \u00e0 recueillir l&#8217;\u00e2me.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: x-large;\">Nous touchons l\u00e0 aux m\u00e9andres intimes de Chateaubriand qui n\u00e9cessiteraient de revenir \u00e0 sa biographie. Ses inclinations plus que fraternelles, ses amours, ses &#8220;d\u00e9mons&#8221; trouvent ici mati\u00e8re \u00e0 s&#8217;\u00e9pancher dans le tableau luxuriant d&#8217;une jungle v\u00e9g\u00e9tale et sentimentale.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: x-large;\">Et c&#8217;est finalement le paradoxe d&#8217;Atala. Il faut savoir lire au-del\u00e0 des trop belles images que le po\u00e8te nous d\u00e9livre avec une facilit\u00e9 d\u00e9sarmante pour oser d\u00e9couvrir la face cach\u00e9e du drame intime et social qu&#8217;il nous expose. Atala reste d&#8217;une actualit\u00e9 \u00e9tonnante, pour peu qu&#8217;on veuille \u00e9carter quelques feuillages.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: x-large;\">En prime, d\u00e9couvrez un nouvel illustrateur, Andr\u00e9 Nodins qui a mis son talent en cette couverture.<\/span><\/p>\n<p><em>Avec les compliments de Lettropolis\u00a0: l\u2019\u00e9dition num\u00e9rique de livres num\u00e9riques appel\u00e9s OLNIs<\/em><span style=\"font-family: Times New Roman,serif;\"><em>\u00ae<\/em><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LETTROPOLIS a la fiert\u00e9 de pr\u00e9senter sa vingti\u00e8me publication. Il s&#8217;agit d&#8217;ATALA de Chateaubriand. Ce texte qui parut en 1801 connut une fortune littt\u00e9raire immense. 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