{"id":3437,"date":"2016-05-08T19:49:32","date_gmt":"2016-05-08T19:49:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/?p=3437"},"modified":"2016-05-09T09:35:43","modified_gmt":"2016-05-09T09:35:43","slug":"bapteme-du-feu","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/2016\/05\/08\/bapteme-du-feu\/","title":{"rendered":"BAPT\u00caME DU FEU"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_3438\" style=\"width: 453px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-3438\" class=\" wp-image-3438\" src=\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/M\u00e9decin-en-h\u00e9lico.pdf-Adobe-Acrobat-Pro-734x1024.jpg\" alt=\"AVEC UN H-19 DU GH2 DE L'ALAT\" width=\"443\" height=\"618\" srcset=\"http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/M\u00e9decin-en-h\u00e9lico.pdf-Adobe-Acrobat-Pro-734x1024.jpg 734w, http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/M\u00e9decin-en-h\u00e9lico.pdf-Adobe-Acrobat-Pro-215x300.jpg 215w, http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/M\u00e9decin-en-h\u00e9lico.pdf-Adobe-Acrobat-Pro-768x1072.jpg 768w, http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/M\u00e9decin-en-h\u00e9lico.pdf-Adobe-Acrobat-Pro-600x837.jpg 600w, http:\/\/www.lettropolis.fr\/Blog\/wp-content\/uploads\/2016\/05\/M\u00e9decin-en-h\u00e9lico.pdf-Adobe-Acrobat-Pro.jpg 1092w\" sizes=\"auto, (max-width: 443px) 100vw, 443px\" \/><p id=\"caption-attachment-3438\" class=\"wp-caption-text\">AVEC UN H-19 DU GH2 DE L&#8217;ALAT<\/p><\/div>\n<p style=\"text-align: center;\">L&#8217;article pr\u00e9sent\u00e9 ici est extrait des souvenirs du<br \/>\ndocteur Jean Massi\u00e8re sous le titre :<\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\"><strong><em> M\u00c9DECIN EN H\u00c9LICO, ALG\u00c9RIE 1961<\/em><\/strong><\/h1>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 initialement mis en page par <strong>Pierre Jarrige<\/strong> \u00e0 qui nous devons une extraordinaire documentation sur L&#8217;Histoire de l&#8217;aviation en Alg\u00e9rie (<a href=\"http:\/\/www.aviation-algerie.com\">www.aviation-algerie.com<\/a>).<\/p>\n<h1 style=\"text-align: center;\"><strong>JEAN MASSI\u00c8RE<\/strong><\/h1>\n<p>Jean Massi\u00e8re \u00e9tait m\u00e9decin-aspirant appel\u00e9 du contingent dans l\u2019arm\u00e9e de l\u2019Air au sein<br \/>\nd\u2019un d\u00e9tachement d\u2019h\u00e9licopt\u00e8res de l\u2019arm\u00e9e de l\u2019Air bas\u00e9 \u00e0 Batna, dans les Aur\u00e8s.<br \/>\nD\u00e9barqu\u00e9 depuis peu, il a connu son bapt\u00eame du feu le 9 f\u00e9vrier 1961, il en a gard\u00e9 un<br \/>\nsouvenir pr\u00e9cis et inoubliable.<br \/>\n&#8220;Dieu a accord\u00e9 au souvenir une soeur et lui a donn\u00e9 le nom d\u2019esp\u00e9rance.&#8221;<br \/>\nPour illustrer cette citation de Jean d\u2019Ormesson, voici quelques souvenirs d\u2019un m\u00e9decin<br \/>\nconvoyeur de l\u2019arm\u00e9e de l\u2019Air en Alg\u00e9rie en 1961 &#8211; La neige, le froid, la souffrance, le<br \/>\nsang, la solitude, seul&#8230;<\/p>\n<h2>LE TEMPLE BOUDDHISTE<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Coup de t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 l\u2019infirmerie. C\u2019est mon tour d\u2019\u00e9vasan. Nous sommes toujours en alerte \u00e0 trois minutes pour \u00eatre rapidement sur le parking, pr\u00eats \u00e0 embarquer, sans savoir o\u00f9 nous allons !<br \/>\nJe m\u2019habille : combinaison et bottes du personnel navigant avec deux chargeurs, munitions pour mon pistolet. Je prends un sac \u00e0 l\u2019infirmerie avec le n\u00e9cessaire \u00e0 perfusions, les cocktails lytiques, Dolosal, Ph\u00e9nergan, Largactil ou Hydergine, syrettes de morphine et pansements multiples.<br \/>\nJe suis pr\u00eat et je cours vers l\u2019appareil dont le rotor tourne d\u00e9j\u00e0, le nombre de tours augmente quand l pilote me voit approcher. Je suis en retard, je jette le sac dans le cargo, je monte rapidement, tir\u00e9 par le m\u00e9cano, et me voici \u00e0 plat-ventre sur le plancher. L\u2019h\u00e9lico est d\u00e9j\u00e0 sorti du p\u00e9rim\u00e8tre de s\u00e9curit\u00e9 et roule sur la piste. C\u2019est parti.<br \/>\nJe me l\u00e8ve, la porte du H-34 est toujours ouverte. On voit un autre \u00e9quipage courir, arm\u00e9, pistolets en holster\u2026 puis plus rien. Nous sommes au-dessus des montagnes, juste apr\u00e8s Batna. Par routine, je demande au m\u00e9cano la destination, histoire de d\u00e9tendre l\u2019atmosph\u00e8re, car la r\u00e9ponse est soit RX 3 ou YR 29. Aujourd\u2019hui c\u2019est c\u2019est, selon le code, RX 26. Je ne suis pas plus avanc\u00e9, ne sachant pas, au fond, o\u00f9 nous allons ni ce qui nous attend.<br \/>\nD\u00e9j\u00e0 le H-34 r\u00e9duit la vitesse, se pose dans une zone d\u00e9gag\u00e9e derri\u00e8re une petite \u00e9l\u00e9vation de terre. Je saute, silence, personne. C\u2019est toujours pareil ! Je m\u2019avance au-dessus du talus et je vois, \u00e0 gauche des buissons, des soldats couch\u00e9s derri\u00e8re. Ils appartiennent \u00e0 un r\u00e9giment de Hussards parachutistes. Le bless\u00e9 est l\u00e0, les yeux hagards, il me regarde, pas un mot, un peu de sang au niveau du cou. Je comprends pourquoi il est muet : une balle lui a travers\u00e9 le larynx de part en part. Respiration stertoreuse, regard interrogatif, je ne peux rien faire si ce n\u2019est de le transporter \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Batna. Je demande de l\u2019aide pour le porter car il ne peut pas se lever. Personne ne veut m\u2019aider ! On me fait comprendre qu\u2019ils sont en op\u00e9ration et qu\u2019il est impossible de quitter la position. Me voil\u00e0 donc reparti vers l\u2019h\u00e9lico, au pas de course, pour aller chercher un brancard et l\u2019aide du m\u00e9cano. Celui-ci me suit en courant avec le brancard pli\u00e9. De retour aupr\u00e8s du bless\u00e9, les paras me semblent interloqu\u00e9s de nous revoir. Le m\u00e9cano, tr\u00e8s coop\u00e9ratif, m\u2019aide tandis que je sollicite deux paras pour nous \u00e9pauler. Devant le silence complet des hommes, le m\u00e9cano se met devant, moi derri\u00e8re, et nous voil\u00e0 partis vers le H-34.<br \/>\nNous courons difficilement sous un beau soleil, dans un paysage magnifique de collines bois\u00e9es. Je tente de synchroniser ma course sur celle du m\u00e9cano mais il va vite. Je suis fatigu\u00e9, rythmant ma respiration pour tenir le coup, j\u2019ai l\u2019impression de participer \u00e0 une comp\u00e9tition sportive.<br \/>\nTout d\u2019un coup je suis tir\u00e9 de mes pens\u00e9es par des bruits bizarres me donnant l\u2019impression d\u2019\u00eatre entr\u00e9 dans une temple bouddhiste, \u00e9tant entour\u00e9 de gongs harmonieux. Je pense avoir des hallucinations auditives. C\u2019est s\u00fbrement le manque d\u2019oxyg\u00e8ne, n\u2019ayant pas l\u2019habitude de courir, surtout en altitude.<br \/>\nJe me retourne. Des claquements secs semblent se m\u00ealer \u00e0 cette musique, pas d\u00e9sagr\u00e9able, au contraire, et je pense que les paras doivent tirer et lancer des grenades pour nous couvrir. Des bruits sourds, plus lointains, se pr\u00e9cisent. Nous courons toujours, t\u00eate basse pour voir o\u00f9 poser les pieds de peur de tr\u00e9bucher. Je redresse la t\u00eate et je regarde le m\u00e9cano qui l\u00e8ve les pieds plus haut \u00e0 chaque pas. J\u2019ai compris ! Des touffes de terre tressautent autour de nous. Bon sang, on nous tire dessus ! Je ne vois rien que ces fum\u00e9es de terre bien align\u00e9es en demi-cercle \u00e0 notre gauche :<br \/>\ntant\u00f4t il s\u2019\u00e9loigne, tant\u00f4t il se rapproche.<br \/>\nLes tirs sont maintenant tr\u00e8s forts, r\u00e9guliers et pourtant plus \u00e9loign\u00e9s. Plus de gongs bouddhistes !<br \/>\nParfois des bruits sourds. Les pales de l\u2019h\u00e9lico tournent derri\u00e8re le talus. \u00c0 notre arriv\u00e9e, le rotor acc\u00e9l\u00e8re. Nous voici jet\u00e9s tous les trois dans l\u2019appareil qui d\u00e9colle.<br \/>\nQuinze minutes apr\u00e8s, nous nous posons d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Batna. Sur le parking, l\u2019ambulance attend. Transfert de bless\u00e9. Je me tourne et prends mon sac avant de descendre. C\u2019est fini pour ce matin.<br \/>\nLa main du m\u00e9cano se pose lourdement sur mon \u00e9paule et me tire en arri\u00e8re. Il vient d\u2019apprendre par l\u2019interphone qu\u2019il y a un autre accrochage dans le coin. Nous voici de nouveau au-dessus dans les airs.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">LA MORT \u00c9TAIT-ELLE L\u00c0 PAR CETTE BELLE JOURN\u00c9E ?<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je viens de terminer la premi\u00e8re mission de la journ\u00e9e et je commence \u00e0 r\u00e9aliser que l\u2019on s\u2019est fait tirer dessus. Pas question de peur mais une interrogation plus ou moins consciente. La mort \u00e9tait-elle l\u00e0 par cette belle journ\u00e9e ? Le c\u00f4t\u00e9 animal de mon corps l\u2019avait ressentie bien avant que mon cerveau ait analys\u00e9 la nouvelle situation dans laquelle je commen\u00e7ais \u00e0 plonger.<br \/>\nSeconde mission : m\u00eame sc\u00e9nario ou presque ! Le coin est plus montagneux et l\u2019h\u00e9lico se pose sur une petite zone plate parmi les rochers. Je distingue au fond d\u2019un ravin \u00e9troit cinq paras et un bless\u00e9 allong\u00e9 sur le sol. C\u2019est ma destination. P\u00e2leur livide, bless\u00e9 grave touch\u00e9 au ventre. Il a m\u00eame r\u00e9ponse, plus pr\u00e9cise cette fois-ci :<br \/>\n\u2013 Il y a cinq fells dans le coin. On ne peut pas l\u00e2cher la piste !<br \/>\nJ\u2019explique la gravit\u00e9 de la situation. D\u2019\u00e9vidence il faut faire vite. Tout le monde est d\u2019accord. Je vais devant pour pr\u00e9parer la perfusion. Ils am\u00e8nent le bless\u00e9, leur copain, avec beaucoup d\u2019attention, d\u2019une fa\u00e7on presque touchante. Me voici parti avec un peu d\u2019avance, seul, dans le maquis.<br \/>\nJe cours et, instinctivement, pense \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente mission. Mais ce coup-l\u00e0, je suis averti : il y a cinq fells dans le coin.<br \/>\nMa course se fait sinueuse, contournant les arbustes et cherchant \u00e0 troubler le tir \u00e9ventuel d\u2019un fell. J\u2019engage une balle dans le canon de mon pistolet tout en courant. Serais-je ridicule ? Je pense que les fells rigolent, \u00e9tant dans la ligne de mire des cinq fusils. Je suis foutu si derri\u00e8re ce buisson il y en a un. Il va falloir que je tire dessus ? Et je pense :<br \/>\n\u2013 C\u2019est le premier qui va tirer qui va gagner. Suis-je capable de tirer ?<br \/>\nL\u2019h\u00e9lico attend, les pales acc\u00e9l\u00e8rent \u00e0 ma vue. Il ne faut pas tra\u00eener. Le m\u00e9cano me regarde avec les yeux \u00e9carquill\u00e9s. Je r\u00e9alise qu\u2019il m\u2019a vu arriver, pistolet \u00e0 la main et courant comme un homme ivre! Je pr\u00e9pare la perfusion, on d\u00e9colle. D\u00e9j\u00e0 Batna ! Pos\u00e9 sur le parking, ambulance, transfert&#8230;<br \/>\nFini pour ce matin !<br \/>\nJ\u2019arrive \u00e0 l\u2019infirmerie, une baraque Fillod au long couloir noir. La chambre est au fond \u00e0 gauche.<br \/>\nPetit rai de lumi\u00e8re sous la porte que j\u2019ouvre. Mon lit est \u00e0 gauche, juste devant lui, mon champ visuel se brouille, j\u2019ai les jambes en coton et je tombe sur le matelas, de dos, bras en croix, jambes par terre. Je crois que j\u2019ai eu tr\u00e8s peur. Je suis flou, je regarde le plafond et je commence \u00e0 me sentir bien. Plus rien n\u2019existe que cette chambre et :<br \/>\n\u2013 Je suis en vie !<br \/>\nLe capitaine Jean-Jacques Prichonnet arrive. Il se veut autoritaire :<br \/>\n\u2013 Vous allez me faire le plaisir d\u2019aller vous doucher. Vous avez l\u2019air d\u2019un boucher couvert de sang. Vous \u00eates ridicule.<br \/>\nIl n\u2019a jamais su combien sa voix me parut paternelle et presque affectueuse, un peu comme celle d\u2019une m\u00e8re qui gronde son enfant. Me voil\u00e0 donc douch\u00e9. Il est environ midi, heure du repas au mess. J\u2019ai la cravate, les pataugas sont propres. Rien \u00e0 voir avec les activit\u00e9s de ce matin. C\u2019est \u00e7a l\u2019arm\u00e9e de l\u2019Air ! Apr\u00e8s les missions du matin, on se retrouve dans une ambiance presque feutr\u00e9e.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\">GONFL\u00c9 L&#8217;ASPIRANT !<\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 peine entr\u00e9, arrive en combinaison de vol et blouson fourr\u00e9, Claude Mercier, le pilote de l\u2019h\u00e9licopt\u00e8re arm\u00e9 <em>Pirate<\/em> qui nous accompagnait. C\u2019est un grand gar\u00e7on sympathique qui tra\u00eene une jambe, s\u00e9quelle de blessure par balle, atteinte du nerf sciatique, au cours d\u2019un h\u00e9liportage. Il entre tout souriant et, avec un grand rire, d\u00e9clare \u00e0 l\u2019entourage :<br \/>\n\u2013 Je n\u2019aurais jamais cru qu\u2019un appel\u00e9, et en plus m\u00e9decin, pouvait courir si vite!<br \/>\nPuis il me dit :<br \/>\n\u2013 Je crois que tu peux m\u2019offrir l\u2019ap\u00e9ro!<br \/>\nJe m\u2019ex\u00e9cute et, devant mon air \u00e9tonn\u00e9, il raconte :<br \/>\n\u2013 Nous avons d\u00e9coll\u00e9 derri\u00e8re vous avec le Pirate et vous filiez comme des lapins. Le PC Air nous avait donn\u00e9 pour mission de vous accompagner pour appui-feu, car \u00e7a bardait l\u00e0-haut.<br \/>\nLorsqu\u2019on est arriv\u00e9, on t\u2019a vu descendre de l\u2019h\u00e9lico et partir en courant. Nous avons pens\u00e9:<br \/>\nGonfl\u00e9 l\u2019aspirant !<br \/>\nPuis le copilote m\u2019a dit :<br \/>\n\u2013 Peut-\u00eatre qu\u2019il n\u2019est pas au courant. Merde ! On lui tire dessus. Tu as bien fait les choses en passant trois fois \u00e0 leur nez. Il faut avouer qu\u2019ils \u00e9taient patients et fins limiers car ils ont attendu que vous soyez frein\u00e9s par le brancard avant de tirer. Ils \u00e9taient huit, appuy\u00e9s sur le bord d\u2019un oued avec les pistolets-mitrailleurs. Heureusement pour vous, car avec des fusils, c\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 la catastrophe.<br \/>\nAinsi je d\u00e9couvre la r\u00e9alit\u00e9 : les gongs bouddhistes ? Des tirs des pistolets-mitrailleurs dont les balles s\u2019\u00e9crasent sur les cailloux et se rapprochent de plus en plus. L\u2019action du <em>Pirate<\/em> a oblig\u00e9 les fellaghas \u00e0 se d\u00e9placer et \u00e0 se coucher sur le dos pour lui tirer dessus, puis ils sont revenus pour nous aligner. La mitrailleuse de 12,7 mm de gauche de l\u2019h\u00e9licopt\u00e8re a tir\u00e9 et fait mouche presque tout de suite, le tireur \u00e9tant l\u2019un des meilleurs de la base de La Regha\u00efa. Les fells sont alors partis en courant dans l\u2019oued. La 12,7 mm a recommenc\u00e9. Un fell, voyant la situation d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, est revenu pour nous tirer dessus. Mercier me pr\u00e9cise :<br \/>\n\u2013 Celui-l\u00e0 t\u2019en voulait particuli\u00e8rement!<br \/>\nLe <em>Pirate<\/em> a fait un virage, il devait \u00eatre tr\u00e8s bas. Le tireur a chang\u00e9 de c\u00f4t\u00e9, venant \u00e0 droite, il a pris le canon de 20 mm et a termin\u00e9 l\u2019action d\u2019un obus dans la poitrine. Le dernier fell s\u2019est volatilis\u00e9, projet\u00e9 \u00e0 plus de cinquante m\u00e8tres.<br \/>\nJe suis abasourdi par le r\u00e9cit plus riche de d\u00e9tails. Je l\u2019avais \u00e9chapp\u00e9 belle. L\u2019apr\u00e8s-midi, Claude Mercier m\u2019a pr\u00e9sent\u00e9 au tireur, un jeune blond les yeux rieurs. Je ne peux m\u2019emp\u00eacher de penser que, pour moi, il a \u00e9limin\u00e9 huit fells !<br \/>\nPour le gouvernement de l\u2019\u00e9poque, ce n\u2019\u00e9tait l\u00e0 que du maintien de l\u2019ordre ! Pour l\u2019appel\u00e9 dans le djebel, c\u2019\u00e9tait autre chose.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jean Massi\u00e8re est m\u00e9decin sur h\u00e9lico en Alg\u00e9rie en 1961. 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